La présence de forces de l’ordre lors de diverses réunions est devenue de plus en plus indispensable. Les différents événements terribles de ces dernières années, ont rendu le déploiement de la police rassurant, peut-être dissuasif, mais dans tous les cas incontournables. Le souci, c’est que tout ce déploiement a un coup. Dès lors, dans un contexte qui consiste à limiter les frais de l’Etat, une circulaire du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb prévoit de facturer aux organisateurs la présence des forces de l’ordre lors des événements. Dans cette période estivale, les premiers à se sentir visés, et financièrement en danger, sont notamment les nombreux festivals de musique. 

Dans la série, les effets collatéraux de la vague d’attentats, qui doit payer pour la mise en place des moyens pour assurer la sécurité ? Pour le texte, signé en mai 2018, pas question que l’Etat fasse plus d’efforts. Les responsables des festivals devront désormais régler la facture des policiers déployés, sur et aux abords des lieux, ainsi que certains types de matériels.

En fait, officiellement, la circulaire sépare les missions non-facturables répondant aux risques de menaces terroristes, et celles inhérentes à l’organisation de tels événements et donc potentiellement soumises au remboursement. Cependant, ce sont, les autorités locales, qui décideront de qui prend en charge quoi.

Du côté, des gros festivals, la mesure n’est pas une bonne nouvelle bien sûr, mais elle est disons gérable. À titre d’exemple, l’un des plus importants festivals français, “les Vieilles Charrues”, a consacré 300 000 euros supplémentaires à la sécurité de ses habitués depuis les premiers attentats. De manière plus générale, une étude du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz, avait déjà évalué que le budget de la sécurité des festivals avait déjà augmenté de 7 % entre 2015 et 2016.

Cependant, en 2017, un guide de 170 pages sur la sécurité dans les festivals, a été mis en place avec, à la base, un fonds d’urgence consacrant, sur deux ans, quelque 15 millions d’euros aux investissements de sécurité dans les festivals. Celui-ci, selon le ministère de la Culture va se réduire à 4 millions d’euros et le dispositif ne sera pas reconduit en 2019.

Plus de dépenses, moins d’aides, c’est facile à deviner, que pour de nombreux “petits festivals” les choses vont se compliquer. Difficile d’augmenter trop le prix des billets, même en évoquant auprès des festivaliers un effort pour leur propre sécurité, et comme pour certaines manifestations les marges de manœuvre sont très étroites, l’équilibre sera dur à atteindre.

Le directeur de “la Route du Rock” François Floret, résume la situation ainsi, “si on nous demande de payer ce qui était gratuit, on va tirer la langue, on ne pourra pas assumer ces dépenses. Si ça devient le cas, ça mettra en péril l’avenir du festival“.

Crédit photo : Thomas Bresson