Cette question aurait fait sourire, il y a encore 20 ans, cependant, elle est de plus en plus d’actualité et surtout poser à l’heure de la démocratie directe et des mouvements, comme les “Gilets jaunes”. En attendant, il est bon de rappeler que les syndicats existent toujours et avant de les enterrer, réfléchissons sur les raisons de leurs existences. A ce propos, la CFTC est en congrès pour élire son nouveau président, pour l’occasion elle va fêter ses 100 ans.

Que l’on soit d’accord ou pas, quand on fête ses 100 ans, les personnes autour de soi saluent au moins la longévité et le parcours effectué. Une petite pensée donc, pour le discret, mais toujours présent syndicat d’inspiration chrétienne la CFTC. Au milieu de toutes les turbulences, il reste le cinquième syndicat représentatif après la CFDT, la CGT, FO et la CFE-CGC, il revendique 140 000 adhérents. A l’issue des élections professionnelles dans le public (2018) et le privé (2017), il a réussi à se maintenir dans le groupe des syndicats représentatifs, avec 9,48 % des suffrages.

Cependant, l’érosion générale des syndicats le touche évidemment. Il a déjà vu son impact battu en brèche en 1964, année du départ d’une large partie d’adhérents, partisans d’une déconfessionnalisation, qui vont créer la CFDT. Cependant, la “morale sociale chrétienne” inscrite dans les statuts de la CFTC, avec ses valeurs d’humanisme, de dignité de la personne et du bien commun”, pourraient redevenir “une boussole” pour son nouveau président M. Chabanier.

En attendant, on ne peut pas faire comme si rien ne change, et comme tous les syndicats, il faut se mettre à la page. Il faut donc évoquer le positionnement de la centrale d’inspiration sociale chrétienne face à la révolution numérique, au changement climatique, à la mutation du statut des travailleurs tout au long de la carrière, et de manière plus urgente, la négociation concernant la réforme des retraites.

A tout cela, il ne faut pas oublier, l’indispensable rajeunissement et la féminisation des équipes dirigeantes, car le bureau confédéral de 14 membres comprenait seulement 3 femmes et le Conseil confédéral de 50 membres, 10 femmes. Une résolution sera proposée au vote à Marseille pour inciter aux candidatures féminines.

La CFTC fête son centenaire, il est né le 1er novembre 1919 de la fusion de 321 organisations de salariés chrétiens. C’est la plus ancienne centrale avec son compagnon de certaines luttes, son partenaire de négociations et ennemi de pensée la CGT, fondée de son côté en 1895.

Ces deux-là, sont face à un formidable tournant de leur histoire, ils ne sont plus interdits, combattus, mais tout simplement à la reconquête de leur légitimité et de leur raison d’être. Cela mériterait peut-être, un plus de cohésion et de fraternité syndicale, car les échecs partiels de certains mouvements pourraient remettre au goût du jour un certain savoir-faire acquis depuis 100 ans, pas seulement en matière de lutte, mais de vraies raisons d’agir.

Crédit photo : Ridoux Baptiste