fasonutLe rapport sur l’accueil des riches patients étrangers au sein des hôpitaux français a été remis à Marisol Touraine, ministre de la Santé et Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Depuis, l’on ne les a plus entendus,
au moment où les internes ont rejoint les mouvements de protestation des médecins libéraux concernant la loi santé, ne serait-il pas judicieux d’annoncer la meilleure stratégie adoptée pour accueillir plus de « patients étrangers très solvables » pour renflouer les caisses de l’État ? La CGT craint déjà l’application d’une « médecine à deux vitesses », d’après Christophe Prudhomme de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris.
Actuellement, les riches patients étrangers payent 30 % de plus que les Français. Selon l’économiste Jean de Kervasdoué, « nous avons, médicalement, la capacité de répondre à cette demande » de soins, qui connaît une croissance annuelle « à deux chiffres », la France est en retard par rapport à l’Allemagne, le Dubaï et la Thaïlande. L’économiste estime à 1% le nombre de ces patients étrangers d’ici dix ans.
Rappelons-le, en mai 2014, la privatisation de neuf chambres à l’hôpital Ambroise-Paré pour soigner un émir du Moyen-Orient a fait polémique. Selon l’économiste, cette histoire avait permis « d’ouvrir le débat sur l’acceptabilité sociale et politique » de cette pratique que l’on considère souvent « tourisme médical ». « Le seul scandale avec l’émir, c’est de ne l’avoir fait payer que 30% de plus que le tarif de la Sécu » explique-t-il. « L’augmentation systématique des tarifs de 30 % est dans la majorité des cas trop bas et dans quelques autres trop élevée », ajoute-t-il. En plus de la simplification des procédures de délivrance des patients, l’économiste estime qu’il est judicieux de créer une agence intitulée « Médical-France » pour « promouvoir, organiser et contrôler la prise en charge des patients étrangers ». Il pense également que les hôpitaux devraient proposer un « devis tout compris » en quelques heures et demande l’intervention des sociétés privées de « conciergerie médicale » pour accompagner les patients étrangers. Il estime également que « ce sont des gens particulièrement fragiles, ils ont besoin d’être accueillis directement à l’aéroport et d’avoir affaire à des gens qui parlent leur langue ou au minimum l’anglait ».