AbubakarShekauVOAC’est un fait assez rare. Ce sont les chrétiens qui ont été la cible des attentats évités ce dimanche par l’arrestation de Sid Ahmed Ghlam. Même si aucune preuve ne semble lier l’attaque avec l’EI, les faits se présentent au moment où le groupe avait proliféré des menaces sur les chrétiens dans le monde.

L’attentat qui était évité le mercredi 22 avril avait pour cible deux églises de la région parisienne. Il devait avoir lieur un dimanche matin , pendant une messe, d’après les suppositions. Ainsi, ce sont bel et bien les chrétiens qui étaient visés. C’est un fait assez rare en France, puisque suite aux attentats de “Charlie Hebdo” le 7 janvier dernier, ce sont les synagogues, les écoles vives ainsi que quelques mosquées ont nécessité la protection policière.
“Vouloir s’en prendre à une église, c’est s’en prendre à un symbole de la France, c’est l’essence même de la France qu’on a sans doute voulu viser”, a annoncé le Premier ministre Manuel Valls, qui a rendu visite avec le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à deux églises qui auraient été les cibles de ce projet d’attentat.
Même si actuellement, le suspect, Sid Ahmet Ghlam, un étudiant algérien de 24 ans n’est dit venir d’une organisation jihadiste, les évènements surviennent peut de temps après une vidéo réalisée par l’organisation de l’État islamique déclarant que le groupe viserait des chrétiens.

La vidéo durait près de 29 minutes et portait le sigle de l’EI. Un homme y présente les visions que le groupe a du christianisme sur un fond de représentations de croisades: des images de cavaliers combattant à l’épée. L’EI considère que le fait d’associer Dieu à trois divinités (la trinité) constitue tes impies. La vidéo évoque également des chrétiens de Raqqa, fief de l’EI qui témoigne à visage découvert la vie sous la loi établie par l’organisation jihadiste. L’orateur dans la vidéo a également proliféré des menaces de mort à l’encontre des chrétiens du monde entier, s’ils en se soumettent pas, c’est-à-dire se convertir ou pays l’impôt exigé au dhimmis (citoyens non musulmans de pays musulmans), ainsi que la jizya, le prix de leur protection.

À la fin de la vidéo, il y a l’exécution de 28 hommes sensés être des “fidèles” de “l’Église éthiopienne ennemie”. Il y a deux mois, une autre vidéo de l’EI avait montré la décapitation de 21 Coptes dont la plupart étaient des Égyptiens. La vidéo avait suscité des réactions de l’armée du Caire.

Un journaliste de France 24, spécialisé dans les mouvements jihadistes affirme qu'”il est trop tôt pour établir un lien entre la vidéo et l’attentat évité”. Pour comprendre les raisons pour lesquelles les jihadistes visent des chrétiens, “on doit toutefois se placer de leur point de vue”, explique-t-il.

“Les jihadistes de l’EI, par exemple, voient l’Occident non pas comme laïque, mais comme chrétien et les Occidentaux comme des croisés qui combattent les musulmans. Pour eux, le pape est toujours un chef influent. C’est pour cette raison qu’ils parlent souvent de marcher sur Rome”, ajoute-t-il.

“Ces jihadistes sont dans une mentalité de guerre de religion. Ils ont assassiné des Éthiopiens, parce que l’armée éthiopienne était engagée en Somalie, contre des musulmans, selon eux”, analyse l’expert. Dans la vidéo publiée dimanche, un homme habillé de noir et tenant un pistolet debout derrière certaines des victimes déclare en effet que “le massacre de musulmans entre les mains de vos religions n’est pas gratuit”. “Nation de la croix, nous sommes maintenant de retour”, continue-t-il , avant de conclure “De même, si finalement la responsabilité de l’EI dans l’attentat évité est avérée, ils justifieront l’attaque comme une réponse aux frappes de la coalition internationale contre l’EI, qui a d’ailleurs endommagé des mosquées de Raqqa”.