Après les incidents de Marseille, les mesures pour contenir les violences qui peuvent encadrer les différentes rencontres sont pointées du doigt. Elles apparaissent insuffisantes au regard de débordements hélas, assez prévisibles. Les préfets de Lyon et Toulouse ont décidé de contrôler la vente d’alcool les jours de match, il n’est pas sûr que cela suffise. On est semble-t-il prêt à accueillir les supporters, mais moins à endiguer les hooligans.

S’il y a des équipes qui n’ont pas raté leur entrée dans l’Euro, ce sont bien les hooligans. Ils sont passés à l’attaque tout de suite, on déplore déjà un homme dans un état critique. 35 blessés en marge d’Angleterre-Russie à Marseille, bagarres dans les rues, et centre-ville saccagé entre autres.

On pointe déjà des défaillances dans l’organisation française. Il faut dire et c’est à notre honneur que le hooliganisme est un phénomène relativement limité en France, sauf à Paris. De manière assez classique, les forces de police ont répondu comme elles le pouvaient. Elles ont fait du maintien de l’ordre, en agissant en réaction. Les policiers sont allés au contact direct au lieu de sélectionner, et de faire des actions précises et ciblées. Cependant, ils ont en face d’eux des professionnels de la violence, et non pas des supporters plus ou moins avinés. L’exemple russe est flagrant, ils sont plus discrets que les supporters anglais qui attirent beaucoup l’attention, résultat aucun Russe n’est en garde à vue.

La coopération avec la Russie est aussi au centre d’une polémique. Le ministre français des sports Patrick Kanner, qui dénonce une « absence de coopération regrettable ». « Il y a 150 à 200 hooligans russes qui doivent être mis hors d’état de nuire », poursuit M. Kanner, « la question, c’est la prévention en amont. Certains visas n’auraient jamais dû être donnés”.

Reste à reprendre les choses en main, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a demandé dès dimanche aux préfets, d’interdire la consommation, et le transport d’alcool dans les “périmètres sensibles” les veilles et jours de match, ainsi que les jours d’ouverture des fans-zones. De son côté, l’UEFA a menacé la Russie et l’Angleterre de disqualification en cas de nouveaux débordements pour mettre la pression sur la Russie, et pour l’obliger à coopérer davantage. Enfin, le syndicat Alliance, propose de mieux encadrer les foules, au moins sur le trajet menant aux sites des matchs. Il plaide aussi pour que des CRS prennent position dans les stades où des bagarres ont éclaté dans les tribunes, les stadiers étant manifestement dépassés. Là aussi, les préfets ont la possibilité de l’imposer, même si la sécurité à l’intérieur des enceintes relève d’abord de l’organisateur, l’UEFA.

On pourrait aussi organiser en parallèle, un grand tournoi de “la connerie violente” avec toutes les équipes nationales de hooligans qui s’affronteraient, mais dans un endroit, type désert, pas de publicité, pas de spectateurs, pas d’images, avec la “bêtise” comme sponsor, et on espérerait qu’il n’y aurait pas de gagnant.

Crédit photo : Blas Mariscal