Pas une seule tête qui doit dépasser. C’est en substance le mot d’ordre que ne cesse de rabâcher les caciques de l’UMP depuis l’ouverture de leur campus à Marseille ce vendredi après-midi. Mais ce leitmotiv a bien du mal à prendre tant les tiraillements sous forme de petites phrases se multiplient dans les rangs de la majorité, à huit mois des Présidentielles.

Vendredi, coup sur coup, Jean-Pierre Raffarin et Patrick Devedjian ont rué dans les brancards de l’écurie pas si bien ordonnée du pas encore candidat Sarkozy. Le premier a piqué un coup de colère en annonçant sur son blog sa “mise en congé” du petit-déjeuner hebdomadaire de la majorité dans l’attente d’une “clarification” sur les attaques “brutales” du chef de l’Etat. La veille, en son absence, M. Sarkozy l’avait accusé “d’irresponsabilité” dans ses critiques sur le relèvement de la TVA sur les billets d’entrée des parcs à thème.

Dans le Monde, le second a déploré ne voir “encore nulle part” le grand projet de société qu’exige la situation et critique la stratégie du parti tout en prédisant une présidentielle “difficile”.

Difficile après cela de faire croire à une UMP en ordre de marche vers 2012. Faire une démonstration de force, c’était pourtant bien ce que Jean-François Copé avait demandé aux Jeunes populaires, organisateurs de ce Campus à Marseille. Officiellement, 6000 personnes sont attendues dimanche pour la venue de François Fillon. Ils étaient aux alentours de 1000 ce vendredi. Plus de deux cents députés de la majorité et autant de sénateurs, sans compter tous les membres du gouvernement, devraient être du voyage ce week-end.

Pour masquer les tiraillements internes de l’UMP, l’heure est à minimiser les critiques. Pas un mot non plus sur le possible candidat Jean-Louis Borloo. En revanche, haro sur le PS. Une grosse ficelle tirée jusqu’à la corde par Jean-François Copé:”L’esprit de Marseille, c’est l’unité et le rassemblement”, en “contrepoint” à la “violence démentielle”, à ses yeux, du PS à La Rochelle.

L’autre axe est le martèlement des axes de campagnes pour 2012: vanter un Nicolas Sarkozy seul rempart contre la crise et le capitalisme débridé, un Sarkozy forcément héros de la démocratie au vu de sa campagne en Libye. Ironie de la première journée, Michèle Alliot-Marie, ex-ministre de la défense qui avait proposé du matériel de maintien de l’ordre à Ben Ali un mois avant sa chute, est apparue sur le Campus, juste à la fin du débat consacré au printemps arabe! A Marseille, le rouleau compresseur de l’UMP tente de se mettre en route pour 2012. Le marketing politique bat son plein.