Une majorité d’observateurs, et de journaux s’étaient réjouis de l’accord de paix mis en place, en Colombie entre le gouvernement, et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). C’était la fin d’un conflit armé déchirant le pays depuis 52 ans. Cependant, surprise, au référendum organisé pour entériner cet accord, les Colombiens ont répondu avec une courte majorité “non”, signifiant le rejet de cet accord.
C’est un résultat étonnant, le « oui » a recueilli quelque 6,3 millions de voix, il est dépassé d’une courte tête par le « non » qui a en fait atteint les 6,4 millions. Pourtant, plusieurs sondages donnaient depuis des semaines le « oui » largement en tête. Il enregistrait ainsi 55 % ou 66 % selon les instituts de sondage.
L’accord avait pour but de transformer les Farc, nées en 1964 d’une insurrection paysanne, et qui comptent encore 5 765 combattants, en Parti politique, après avoir remis leurs armes à l’ONU, qui a déjà vérifié la destruction samedi de 620 kg d’explosifs. De fait, cela mettait fin à la plus ancienne confrontation armée du continent Américain qui, depuis de trop nombreuses années, a réussi à amalgamer diverses guérillas d’extrême gauche, des milices paramilitaires d’extrême droite, et les forces de l’ordre. Il en résulte un constat qui récence plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de personnes déplacées.
C’est justement ce terrible bilan, que de nombreux Colombiens ne veulent pas pardonner, et effacer aussi facilement. Ils dénoncent un trop grand « laxisme » des sanctions prévues contre les auteurs des crimes les plus graves.  Ils ont dit “non”, car ils ont la sensation de récompenser des criminels narco-assassins, qui sont en fait, les responsables de tant de mal et de morts en Colombie.
Pour des opposants de droite comme l’ex-président, et actuel sénateur Alvaro Uribe (2002-2010) qui a déclaré, « la paix est enthousiasmante, les textes de La Havane décevants », la crainte est aussi de voir la participation des guérilleros démobilisés à la vie politique. Pour eux, ils pourraient faire basculer le pays vers un « castro-chavisme » inspiré des régimes cubain et vénézuélien.

Crédit photo :  Leo Prieto