L’Église catholique, a fait part de ses réactions face aux résultats du premier tour des élections présidentielles. Comme souvent, elle l’a fait assez discrètement, et ses remarques sont surtout perceptibles par les personnes les plus attachées aux cultes. Il s’agit cependant de rappeler certains principes pour la suite et le second tour, aux croyants qui sont certainement désappointés par l’élimination du candidat favori des catholiques, François Fillon.

En 2002, plusieurs représentants de la Conférence des évêques (CEF), avaient fermement appelé à faire barrage au Front national. Cependant, il faut rappeler que le candidat en face s’appelait Jacques Chirac et apparaissait plus compatible avec la vision de l’électorat traditionaliste que Macron. De plus, le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, avait récupéré certains propos du pape Jean-Paul II dans ses discours de campagne. Cela n’avait pas vraiment plu à l’épiscopat français.
Aujourd’hui, la prise de position semble un peu plus discrète et les consignes affichées moins fermes. Cependant, le communiqué de la Conférence des évêques de France (CEF), rappelle tout de même que “l’accroissement du phénomène migratoire est un constat et non un combat”. En cela, il maintient bien une différence de fond avec le Front national, car les électeurs catholiques, sont majoritairement sensibles à ces questions d’accueil et de solidarité vis-à-vis des minorités. D’ailleurs, les études démontrent, que plus une personne sera catholique pratiquante, moins elle a de chance d’adhérer aux idées d’extrême droite et donc de voter Front national.
Il reste, que la différence entre éclairer des positions et influer sur un vote est mince. L’Eglise catholique, comme les autres structures religieuses ne doivent pas être perçues comme faisant un acte de cléricalisme dans le débat politique. L’institution religieuse souhaite éclairer la position des électeurs catholiques, en les invitant aussi à lire entre les lignes. Étant donné l’enjeu pour le pays, il est normal qu’elle se prononce, mais elle doit plutôt se faire comprendre qu’affirmer afin que les personnes fassent un cheminement de leur côté.
Cependant, avec les dernières prises de position de personnes, comme Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate, qui donne sa voix au FN et les commentaires de certains collectifs, comme la Manif pour tous qui n’ont pas pris explicitement position pour un candidat, sans l’avouer comme tel, cela peut aussi vouloir dire, voter FN. Peut-être que certaines clarifications vont s’ajouter du côté de l’épiscopat, car les évêques ne peuvent pas s’exprimer, tant que l’épiscopat ne donne pas sa position.

Crédit photo : Selestadium novum