Après la campagne catastrophique, et l’échec des présidentielles, c’est François Baroin qui est devenu le chef de file des Républicains. Il est donc en charge de conduire les législatives et de stopper l’hémorragie. C’est dans ce contexte qu’il vient de confirmer un retour à des attitudes classiques du parti de droite républicaine en prônant « le désistement » en cas de victoire possible du FN.

A la suite d’un meeting en Loire-Atlantique, il a déclaré, « la position du mouvement, elle est connue depuis toujours, les Gaullistes sont des adversaires historiques du FN et de l’extrême droite ». Il a donc confirmé un positionnement clair « naturellement, tout sera mis en œuvre au niveau national pour éviter ce genre de choses ».
Le contexte des législatifs est délicat pour les partis traditionnels que sont Les Républicains et le PS. Il s’agit de redorer un blason bien terne et surtout de ne pas perdre trop de sièges à l’Assemblée face au nouveau venu « En marche » et à l’éternel revanchard « FN ». De ce fait, François Baroin attend la même attitude chez les Partis de la majorité présidentielle et de la gauche en déclarant, « je souhaite d’ailleurs que la réciproque soit vraie du côté d’En Marche comme du Parti Socialiste, les désistements devront faire partie de l’entre-deux-tours des législatives ». Il est vrai que le Parti peut, concernant ces élections, profiter d’une implantation locale forte et s’appuyer sur de fortes personnalités régionales capables de rassembler au-delà des clivages standards.
Ce positionnement du Parti qui abandonne le “ni-ni” est le fruit d’âpres discussions, car on sait qu’au lendemain du premier tour de la présidentielle qui a vu l’élimination de François Fillon, deux camps s’étaient formés. D’un côté, les partisans qui lancent un appel explicite à voter pour le candidat d’En marche ! Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse, François Baroin, Jean-François Copé, Luc Chatel, Thierry Solère, Xavier Bertrand, Christian Estrosi, Gérard Larcher, et de l’autre côté, ceux qui appelaient juste à « faire barrage au FN » Laurent Wauquiez, Eric Ciotti, Jean-Frédéric Poisson, mais sans réellement prendre parti pour Emmanuel Macron.
La réaction du FN ne sait pas fait attendre, et Marine Le Pen, a qualifié lundi LR de « strapontin » pour La République en Marche qui pour elle, n’est pas un réel Parti d’opposition.

Crédit photo : International Monetary Fund