Marine Le Pen_photo de Marine Le PenA la base, c’est le type de visite qui doit donner une carrure internationale pour un candidat en vue de la course à l’Élysée. Cependant, le voyage au Canada de Marine Le Pen ne s’est pas du tout passé, comme elle, et ses services de communication, devaient l’avoir imaginé. En une semaine tout y est passé, elle a été boycottée par les politiques, chahutée en plein meeting, bousculée par les médias…

Le Front national, avait pourtant beaucoup misé sur cette visite. Marine Le Pen devait rencontrer des hommes politiques de premier plan. Au Québec, le porte-parole du Premier ministre Philippe Couillard, Harold Fortin, a déclaré que “personne au gouvernement n’a l’intention de rencontrer Marine Le Pen“, raconte le journal Le Devoir. Même son de cloche dans l’ensemble des partis. Seules quatre personnes se réclamant du Parti Québécois se sont manifestées, avant d’être rapidement désavouées par leur président, Pierre Karl Péladeau, pour qui “l’histoire, la doctrine et les propositions du FN sont aux antipodes des valeurs” de son parti.

Marine Le Pen a critiqué, à plusieurs reprises, la politique d’immigration du Canada, qui a accueilli 25 000 réfugiés syriens. Elle fustige “le pays des bisounours dans lequel semble vivre une partie de la classe politique canadienne“. La réaction fut cinglante et le journal La Presse écrit, “manifestement vexée d’être boudée à l’unanimité par la classe politique, elle distille un peu plus d’amertume et d’agressivité envers nos élus à chaque nouvelle entrevue”, “ça va, Jeanne d’Arc, descend de ton cheval“. Que dire de l’interview de la journaliste Anne-Marie Dussault visiblement remontée, et qui a attaqué par “vous êtes venue donner des leçons au Canada. Vous vous nourrissez de la victimisation et vous avez l’insulte au bout des lèvres à chaque moment“. Cette interview a montré une Marine Le Pen, visiblement déstabilisée face à la journaliste canadienne.

Voilà, pour la partie officielle et la presse, au quotidien et sur le terrain, la présidente du Front National a dû affronter une dizaine de militants antifascistes. “Le Québec emmerde le Front national”, ont notamment scandé les manifestants, brandissant une banderole sur laquelle on pouvait lire “ici, terre d’accueil, on préfère l’arrivée de milliers d’immigrant-e-s que la venue d’une seule raciste“. Cela s’est terminé en pugilat avec le service d’ordre. Du coup, deux chaînes d’hôtels ont tour à tour annulé les réservations de salles où Marine Le Pen avait prévu de rencontrer des journalistes canadiens, précise Le Monde.

Pas sûr, donc que ce passage chez nos cousins, reste dans les annales du Front national qui d’ailleurs ne communique pas beaucoup là-dessus. On imagine que les initiateurs et les organisateurs de ce voyage ne vont pas être à la fête.

Crédit photo : Marine Le Pen