Embryons_ photo de Pierre BioscienciaAu Royaume-Uni, des scientifiques ont été autorisés à manipuler pour la première fois, des embryons humains à des fins de recherche. L’annonce a été faite par l’autorité britannique de la fertilisation humaine et de l’embryologie, la HFEA. Il s’agit, d’étudier les gènes en jeu lors du développement des cellules qui vont ensuite former le placenta, afin de déterminer pourquoi certaines femmes font des fausses-couches.

Rappelons que la modification génétique d’embryons à des fins de traitement est interdite au Royaume-Uni. Elle est, en revanche autorisée, depuis 2009 dans la recherche, à condition entre autres, que les embryons soient détruits au bout de deux semaines maximum. Dans ce cas précis, cette autorisation concerne l’utilisation de la méthode Crispr-Cas9, qui permet de cibler les gènes défaillants dans l’ADN afin de les neutraliser. Il s’agit l’une des toutes premières autorisations de manipulation d’embryons humains. La HFEA, a confirmé lundi qu’il est interdit d’utiliser les embryons pour les transplanter sur des femmes.

En avril 2015, des chercheurs chinois avaient annoncé être parvenus à modifier un gène défectueux de plusieurs embryons, responsable d’une maladie du sang potentiellement mortelle. Cette première avait soulevé des inquiétudes et des débats sur des questions éthiques. Les scientifiques chinois avaient eux-mêmes indiqué avoir “eu de grandes difficultés” et affirmé que leurs travaux “montraient la nécessité urgente d’améliorer cette technique pour des applications médicales”.

Cette autorisation n’aurait certainement pas été donnée en France, car la question de l’embryon humain est très délicate. Il n’y a par exemple rien de fixé précisément sur le commencement de la vie humaine. Est-ce au moment de la fécondation, à la naissance… ? Le Code civil français n’est pas du tout clair là-dessus. En Grande-Bretagne, on se base sur l’apparition des premières cellules nerveuses, c’est-à-dire à 14 jours. C’est un choix assez arbitraire, mais il donne une base et permet des discussions plus calmes.

Crédit photo : Pierre Biosciencia