C’est une première pour le PS, son Conseil national a désigné un candidat de la société civile, comme tête de liste pour les élections européennes. C’est Raphaël Glucksmann, essayiste et fondateur de “Place publique”, qui a été choisi à une large majorité par une résolution du Conseil national du Parti réuni à Paris. Cependant, comme on pouvait s’y attendre, ce choix n’a pas fait que des heureux au sein du PS.

C’est Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti, qui est monté au créneau, pour expliquer ce choix dans son discours. Il a déclaré à l’occasion, “ayons le courage de dire que pour nous, pour la première fois, c’est vrai et c’est historique, nous disons le rassemblement avec d’autres oui, et pas seulement derrière nous !”. Au passage, il n’a pas fait qu’expliquer, il a aussi tenu à remettre des choses en place, en rappelant à ses détracteurs que certains étaient prêts il y a quelques semaines à laisser la tête de liste à l’écologiste Yannick Jadot.

De fait, certains ne l’ont vraiment pas digéré et Stéphane Le Foll a annoncé qu’il quittait le Bureau national avec une partie des siens, idem pour le député Luc Carvounas, qui n’a pas pris part au vote.

Du côté de Raphaël Glucksmann, ce rapprochement avec le PS n’a pas été du goût de tous dans “Place publique”, le mouvement qu’il a créé. Cela a débouché sur le départ d’un autre membre fondateur Thomas Porcher. Celui-ci, a expliqué dans les colonnes du JDD, “je n’ai pas envie de servir de caution de gauche au PS, ni que Place publique soit le nouvel emballage d’un produit périmé“.

Le choix de Raphaël Glucksmann, s’explique aussi par la volonté du PS de mettre en place la base d’une réunification des forces de gauche. Il s’agit de casser le choix binaire, Le Pen ou Macron. Il faut donc bâtir une liste commune, comportant des candidats PS, des candidats issus de Place publique, de la société civile et des autres formations politiques engagées dans des discussions avec le PS et Place publique.

Apparemment, les choses ne seront pas simples, car le fondateur de “Génération.s” Benoît Hamon et le chef de file d’EELV pour les Européennes Yannick Jadot, ont rejeté l’alliance. “Un vote en faveur d’une liste socialiste est une voix perdue pour la gauche”, a tranché Benoît Hamon, ancien candidat PS à la présidentielle.

Crédit photo : Jahi Tore