L’information provenait du Spiegel, le magazine allemand affirmant récemment l’existence d’un accord tenu entre Angela Merkel et les chefs d’états espagnol, britannique et italien, consistant à refuser tout rendez-vous avec François Hollande. Si de son côté, la chancelière allemande a confirmé ne pas avoir de rendez-vous programmé avec le candidat, la première secrétaire du parti socialiste, Martine Aubry, a toutefois précisé que François Hollande avait « demandé par courtoisie un rendez-vous avec Mme Merkel » et que cette dernière lui avait répondu qu’elle « ne le souhaitait pas ». Cette déclaration complémentaire précisant la nature de ce trou dans l’agenda de la première dame d’Allemagne : plus fruit de la mauvaise volonté de la chancelière que d’un simple hasard, à vrai dire.

Qu’en bien même Berlin, Rome et Madrid démentent aujourd’hui toute idée de pacte entre les gouvernements concernés et Nicolas Sarkozy, il ne fait pourtant aucun doute quant à l’appartenance de ces pays à une seule et même famille : celle du conservatisme.  C’est pourquoi, qu’il existe ou non un pacte anti-hollande, le symbole d’un désaccord entre  ce dernier et la ligue conservatrice pourrait lui attirer de nouveaux électeurs, selon l’analyste politique Pierre Bréchon. Parmi l’électorat de Mélenchon, certains électeurs volatiles seraient bien capables de voir en Hollande la possibilité d’une alternative à la direction largement libérale dans laquelle s’engage et se maintient l’Europe. Peut-être cette prévision de l’analyste est-elle correcte ; en attendant, pas sûr que les électeurs P.S se rassurent de voir Hollande endosser la carrure d’épouvantail d’un faux Ché Européen cravaté.

Dans ce cas : pour une voix Mélenchoniste de gagnée, combien d’intentions de votes perdues ?