Sarkozy_photo de European People's PartyLes résultats favorables du FN mettent en évidence la position du président des républicains Nicolas Sarkozy. Il a tenté dimanche soir d’imposer la position du “ni retrait, ni fusion” avec la gauche pour le second tour des régionales, une ligne particulièrement contestée par ses alliés centristes, et même certains dans son parti.

L’ex-chef de l’État, a refusé une nouvelle fois tout retrait ou fusion de listes avec les socialistes. Pour lui, les électeurs devront “se mobiliser en faveur de la seule alternance possible, celle incarnée par les républicains de la droite et du centre”. Il affirme aussi que les Français veulent que “la République ne recule plus, elle a trop reculé et en particulier depuis bientôt quatre années”. Cependant, les résultats montrent que M.Sarkozy a échoué à mobiliser au-delà de son camp. Le Parti frontiste arrive en tête dans au moins six régions sur treize.

Les alliés centristes de l’UDI et du MoDem refusent le “ni-ni” qu’il tente d’imposer. Surtout que les socialistes ont décidé de leur côté une ligne claire en se retirant dans le Nord et en PACA “pour faire barrage républicain” au Front national. C’est ce que M.Bayrou explique dans son intervention, “si les états-majors étaient responsables, ils devraient adopter une ligne de conduite lisible par les Français, le retrait pur et simple de la liste arrivée en troisième position pour permettre, en regroupant les voix, un ressaisissement démocratique“, a-t-il affirmé.

La fronde s’étend chez les Républicains eux-mêmes. Le bureau politique (BP) qu’il réunira lundi à 11h00 pour décider d’une “stratégie commune” va être le théâtre d’âpres discussions. François Fillon considère la situation comme très sérieuse. Il a prévenu qu’il réserve sa réaction à l’issue du BP. Idem pour M.Juppé qui insiste “Le constat est clair, nous enregistrons une forte progression du FN, il faut y réagir avec lucidité et sang-froid“. Pour certains, c’est encore plus simple, “tout doit être fait pour faire reculer le FN“, a tweeté Arnaud Robinet, maire de Reims.

L’ex-président peut tout de même compter sur le soutien d’alliés au sein du BP, notamment Bruno Le Maire qui a réaffirmé son opposition à toute fusion ou retrait de listes. “Nous ne pouvons gagner que dans la clarté. Nous ne pouvons pas combattre les socialistes au niveau national et nous allier avec eux au niveau local“, a-t-il assuré.

Crédit photo : European People’s Party