Primaire à droite, primaire à gauche, et le centre dans tout cela ? Comme toutes les formations politiques, le MoDem a vécu sa traditionnelle université d’été. Faute de destinée réellement présidentielle crédible, François Bayrou a affiché sa volonté à peser dans le débat présidentiel, et son soutien ira à Juppé. Cependant, cette détermination ne voile pas l’érosion que subit son parti.

Comme tous les ans, c’est le petit village vacances de bord de mer de Guidel (Morbihan), qui a reçu l’université d’été du MoDem. L’heure est à la (re)mobilisation dans les rangs du MoDem, car des 60 000 adhérents de 2007 et les 18,57 % au premier tour de son leader, on est passé à 15 et 20 000 cotisations. En neuf ans d’existence, celui que l’on appelle le “chef sans troupes” a perdu deux tiers de ses troupes. Il paye pour certains, sa prise de position des dernières présidentielles, quand il a annoncé qu’il allait voter Hollande contre Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle de 2012. Beaucoup ont eu peur de la transgression, c’est une constante en France depuis longtemps, quand on est au centre, on vote à droite.
Même constat, sur le plan parlementaire, le parti, ne compte plus qu’un député. Jean Lassalle, l’ami de longue date, s’est mis en retrait du MoDem pour se lancer dans sa propre aventure présidentielle. Pour couronner le tout, Robert Rochefort, le vice-président du mouvement, a été écarté après les soupçons d’exhibition sexuelle dont ce dernier fait l’objet.
Pour le MoDem, le salut vient de François Juppé, que Bayrou soutient dans le cadre de la primaire de la droite. Il voit en lui la pondération, la sérénité indispensable dans ses temps troublés. Les Centristes ont appréciés lorsque Juppé parle “d’apaiser le climat” autour de la question des migrants et s’est posé en garant de la “paix civile”.
Pour François Bayrou, tout est bon pour barrer la route à son ennemi juré, Nicolas Sarkozy. Le président du MoDem a lui aussi dit tout le mal qu’il pensait de la stratégie de l’ancien président, l’accusant « d’exciter et d’hystériser le peuple”.
En cas de défaite de Juppé en novembre, le parti se prépare à soutenir son champion. Aucun programme n’est encore rédigé. Cependant, “en terme de campagne présidentielle, on n’est pas des novices”, rappelle le vice-président du parti Yann Wehrling. La petite machine n’en est pas à sa première élection, bien rodée, elle se mettra en marche rapidement s’il le faut. Le MoDem peut s’enorgueillir de finances saines lui permettant aisément d’emprunter.
Au-delà de la présidentielle, la formation centriste mise sur les législatives pour élargir son assise. François Bayrou rêve toujours d’un grand parti unique au centre, « le centre est le courant majeur de la vie politique française, à condition qu’il accepte les deux disciplines nécessaires, l’unité et l’indépendance », a-t-il lancé dimanche, devant ses fidèles.

Crédit photo : Mouvement Démocrate