Voilà une initiative qui fait vraiment débat, et même polémique. Elle a été initiée par des étudiants de Sciences-Po. Ils ont décidé d’organiser pour la journée de mercredi, dans les locaux de l’école, un “Hijab Day”. L’initiative vise à démontrer qu’il n’est pas obligatoirement un symbole d’obscurantisme.

L’idée est assez simple, le collectif propose sur sa page Facebook, aux étudiants de Sciences-Po de “se couvrir les cheveux d’un voile le temps d’une journée“, afin de “prendre conscience du regard de l’autre, de ses propres appréhensions“. Cette initiative est inspirée par une campagne internationale, le “World Hijab Day”.

Le mot d’ordre et l’idée maîtresse de cette action consistent à démontrer qu’il y a autant de voiles que de femmes. Il veut aussi faire comprendre, que c’est la personne qui le porte, qui donne une signification à son vêtement, et, elle est la seule légitime à le faire. Pour le collectif, “toutes les femmes devraient avoir le droit de se vêtir comme elles le souhaitent et d’être respectées dans leur choix”.

Bien sûr, les réactions ne se sont pas fait attendre, et la page Facebook a suscité des messages à un tel point de haine et de violence que la page a été supprimée par Facebook. Elle a été recréée, sans possibilité de la commenter. Sur Facebook, la section FN de Sciences-Po dénonce “la folie d’une bourgeoisie parisienne déconnectée des réalités sociales“.

Du côté de l’école, on souligne que l’établissement est censé être un lieu de débats ouverts et de libre expression. Les échanges d’idées y sont naturellement bien reçus. Dans ce cadre, tout élève de Sciences-Po peut distribuer des tracts dans des espaces répertoriés dans le règlement de la vie étudiante, à condition que ceux-ci portent “le nom du groupement ou de l’élève en ayant eu l’initiative, mais surtout qu’ils respectent les valeurs fondatrices de la civilité et de la citoyenneté et qu’ils ne portent pas atteinte à l’ordre public”.

Cependant, il faut rappeler que “la question du hidjab”, au sein des établissements d’enseignement supérieur, et plus largement en France, est une question qui fait débat y compris dans les plus hautes sphères de l’état, puisque Manuel Valls a déclaré sa volonté d’interdire le voile islamique à l’université. Il serait donc logique que le débat traverse l’école, mais la tenue de cet événement dans les murs de Sciences-Po ne doit pas faire imaginer et être interprétée comme une prise de position concernant la problématique ou un soutien de l’école à cette initiative.

Crédit photo : John Hedges