“En réalité, il n’y a plus grand-chose en commun entre nous. Nous continuons à vivre ensemble, mais cela fait bien longtemps qu’on ne s’aime plus. Et on a peut-être plus grand-chose à faire ensemble”. C’est avec cette déclaration que Xavier Bertrand a jeté un énorme pavé dans la mare du parti “Les Républicains”. La défaite des dernières élections n’en finit pas de provoquer des remous et des remises en question dans les Partis traditionnels, et LR n’échappe pas à cette tendance.

Plus importante qu’une simple déclaration, la rupture se cristallise autour de 113 députés LR, qui se sont donnés rendez-vous mardi après les résultats des élections, pour faire le point. On connaît déjà la position de ce que l’on appelle les députés dits “constructifs”, c’est-à-dire ceux qui se disent prêt à soutenir Emmanuel Macron. On retrouve dans ce groupe qui se dirige vers la sortie du groupe LR, les députés Thierry Solère, Franck Riester, Pierre-Yves Bournazel, mais aussi Jean-Louis Borloo, Christian Estrosi et même le ministre Gérald Darmanin. Il apparaît impératif, pour ce groupe de s’adapter à la nouvelle donne “qu’En marche” a créé. Ils se disent également prêt à voter les réformes importantes de l’exécutif, sans toutefois voter la confiance au gouvernement, et ils pourraient s’abstenir.
Xavier Bertrand, s’oppose à une ligne plus dure, à qui il reproche une trop grande proximité avec l’extrême droite. Cette ligne est représentée par Laurent Wauquiez entre autres. De son côté, Éric Woerth concède qu’il y a bien une fracture, mais qu’elle n’est pas nouvelle. Il rappelle que “L’UMP avait vocation à réunir toutes ces lignes politiques, des Centristes aux franges de l’extrême-droite. Avant de se lancer dans un débat d’hommes, il faut discuter de ce que nous sommes”.
Cependant, les différences sont plus faciles à gérer dans la victoire que dans la défaite, et la course tous azimuts à l’électeur a ses limites. La “radicalisation” de la droite a montré ses limites depuis 2012. Celle-ci a atteint un tel point, qu’elle est devenue insupportable pour d’autres qui sont plutôt centre-droite”. Ils se sentent évidemment, plus près d’Emmanuel Macron.
De l’autre côté, tout ce joli petit monde va aussi avoir un œil, sur le Front national pour savoir s’il continue sa “dédiabolisation” pour devenir un Parti comme les autres, susceptible de participer à un gouvernement ou s’il revient à ses fondamentaux extrêmes.

Crédit photo : Ville de Nogent-sur-Seine