A la manière des vases communicants, le plus souvent en matière d’impôts, si on annonce des baisses d’un côté, il faut annoncer des hausses quelque part. Pour financer en partie les cinq milliards d’euros d’allègements promis aux particuliers pour 2020, le gouvernement va s’attaquer à de nombreuses niches fiscales. Le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, a comme d’habitude, aussi fait part d’une volonté de réduire la dépense publique.

Peut-être, doit-on y voir l’effet indirect “Gilets jaunes”, en tant que témoignage de la grogne ambiante, mais le Premier ministre Edouard Philippe, a annoncé que les petits contribuables seraient les grands bénéficiaires des allègements fiscaux promis fin avril par Emmanuel Macron. Evidemment, du coup tous les regards se sont tournés vers ceux qui vont payer cet élan de générosité. Le gouvernement a tranché et cette baisse de la pression fiscale sera compensée par la suppression de certaines niches fiscales accordées aux entreprises.

En surfant, sur les préoccupations du moment à savoir le social et l’écologie, 2 exonérations fiscales accordées aux entreprises, jugées contraires à ses impératifs, sont dans le viseur. Il s’agit pour la première de la déduction forfaitaire pour frais professionnels (DFS). Un abattement qui permet aux entreprises, notamment dans le secteur du bâtiment, de payer moins de cotisations sociales. La seconde, consiste à un avantage sur le gazole non-routier (GNR), également utilisé dans le BTP. Cela représente un milliard d’euros selon le ministre.

Concernant, la réduction des dépenses publiques, comme on pouvait le craindre, cela ne concernera pas que l’Etat. Gérald Darmanin, a rappelé qu’en la matière “l’Etat, ce sera 30 % de la dépense et le champ social, c’est 50 %“. A l’occasion, le mot réforme va de nouveau sévir pour masquer celui de réduction. Donc la réforme de l’assurance-chômage et celle du logement devront permettre des économies, tout comme la diminution des contrats aidés, qui permettra d’économiser un milliard.

Enfin, concernant les 120 000 suppressions de postes envisagées par le gouvernement dans la fonction publique, les 70 000 emplois en moins prévus dans les collectivités locales, seront assumés par la signature et la mise en place d’accords spécifiques.

Crédit photo : Stéphane DEMOLOMBE