Renaud_photo de Neil McNabBon voilà, ça c’est fait, l’écoute du dernier album de Renaud, et franchement, on peut passer à autre chose. Entouré d’une savante promotion, le nouvel album de celui qui est contre le système, mais qui en joue, tout en le contestant, mais pas trop, a battu des records de ventes. Pas sûr que tout le monde y trouve son compte.

On va passer sur le psychodrame du chanteur presque mort, et qui a retrouvé goût à la vie, du buveur qui n’a plus soif, et de celui qui a retrouvé l’inspiration. Pas question de nier que comme pour beaucoup, cela a dû être très dur pour remonter la pente, et pas question de faire comme si cela ne comptait pas. Simplement, la mise en scène, et les nombreuses interviews sirupeuses de celui qui nous explique qu’il est fâché avec les médias, nous renvoient aux énervantes et fatigantes télé-réalités.

En disparaissant pour un temps, Renaud a enclenché un phénomène de “légende” semble-t-il difficile à porter. Les quatorze titres de l’album ne sont pas à la hauteur de cette légende. Les musiques ne sont pas dans l’ensemble, disons, “vraiment entrainante”, les textes apparaissent parfois d’un premier degré attristant.

Renaud ne représente plus le militant antisystème, ni un pourfendeur de société, et cet album qui évoque la réconciliation avec les flics (non, maintenant on dit la police), la nostalgie, qui est plein de tristesse et de dégoût du temps qui passe, d’apitoiement sur son sort va certainement continuer à polir son image et la rendre plus consensuelle, mais il va à l’encontre de la démarche de ses amis de Charlie Hebdo à qui il rend hommage.

Soyons honnête, on se doute bien que “bordel comme beaucoup a un certain âge, Renaud a rangé son flingue“, il a mis de l’eau dans son vin (enfin là, c’est plutôt de l’eau dans son eau). Cependant, à défaut d’être une légende, peut-être que Renaud pourrait-il devenir un exemple en réussissant à ne pas trop céder aux facilités et aux raccourcis. Montrer que l’on peut exister sans céder sur l’essentiel. Bref, le rêve de tout être qui cherche à bien vieillir.

En attendant, un album qui parle de la famille, des amis, du temps qui passe et de ses problèmes personnels, on t’a reconnu Michel Delpech…sors de ce corps !

Crédit photo :  Neil McNab