centrale_charbon_cordemaisDécrié d’un bout à l’autre de la planète pour ses effets dévastateurs sur le climat via le rejet des émissions de CO2 qu’il engendre, le charbon est pourtant une des premières sources d’énergie exploitées au niveau international. Son faible coût et la forte flexibilité et réactivité de ses moyens de production en font en effet une composante indispensable pour assurer l’équilibre production/demande lors des pics de consommation et compenser l’intermittence des productions renouvelables. En France, si la priorité a historiquement été donnée aux énergies nucléaire et hydraulique, trois tranches de production au charbon, au sein des centrales thermiques du Havre et de Cordemais, sont actuellement rénovées dans le but d’optimiser leurs performances environnementales et techniques et d’augmenter leur durée d’exploitation.

Si les centrales thermiques de Cordemais et du Havre sont aujourd’hui indispensables à l’ajustement de la production à la demande électrique, elles sont néanmoins confrontées depuis plusieurs années au durcissement des normes européennes en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Une mise à jour technologique était donc nécessaire afin de prolonger la durée d’exploitation de ses unités de production et augmenter par la même occasion leurs performances techniques.

Faisant suite au chantier du Havre qui touche désormais à sa fin, la centrale thermique de Cordemais, près de Saint-Nazaire, a officialisé le vendredi 27 février dernier le lancement d’un grand chantier de rénovation et de modernisation de ses deux unités de production au charbon. Un chantier prévu par le groupe EDF dans le cadre du plan charbon 2035 destiné à moderniser ses installations et atteindre une réduction de 30% des émissions de CO2 de ses centrales thermiques à l’horizon 2020.

Dans ce cadre, les deux tranches charbon de la centrale de Cordemais, d’une puissance de 600 MW chacune, vont bénéficier dès à présent d’un plan de rénovation complet de plus de 350 millions d’euros comprenant notamment la mise en place de systèmes de captage garantissant la rétention de 90% du dioxyde de soufre et de 99,9% des particules contenues dans les fumées.

Devenant des vitrines mondiales de référence technique et environnementale pour l’exploitation du charbon, ces trois unités de production (une au havre et deux à Cordemais) seront toutefois les seules à perdurer au delà du 31 décembre 2015. Le plan charbon prévoit en effet en parallèle la suppression de sept unités (de 250 mégawatts) sur dix, dans l’Est, le Nord et la région parisienne. Des unités devenues obsolètes et remplacées par d’autres moyens de production plus durables tels que les turbines à combustion ou les cycles combiné gaz.

Cela étant, l’ensemble des moyens de production du parc thermique français (au charbon, au fuel ou au gaz) continueront de jouer un rôle de régulateur de la production électrique nationale. Une tâche qui deviendra de plus en plus complexe avec la montée en puissance des énergies renouvelables intermittentes comme l’éolien et le solaire et que le gouvernement entend garantir via la mise en place d’un marché de capacité.

Ce nouveau système prévoit en effet de verser une rémunération supplémentaire à l’exploitant s’il peut garantir que sa centrale pourra produire de l’électricité à un instant t. Un dispositif destiné avant tout à sécuriser l’approvisionnement électrique lors des pics de consommation très fréquents en France lors de saisons hivernales, et qui propose alors de rémunérer les centrales qui ne fonctionneront que pour alimenter ces augmentations ponctuelles de la consommation.

Réglementé par un arrêté du 22 janvier dernier, le marché de capacité contraint en contrepartie les producteurs d’électricité à s’engager à l’avance sur la disponibilité et le fonctionnement de leurs centrales.