Billet 500 euros_photo de Dominique LenoirComme le titre d’une émission télé, on pourrait dire, “c’est dans l’air”, le billet de 500 euros pourrait prochainement être supprimé. La décision appartient à la Banque centrale européenne (BCE), qui va se pencher sur une éventuelle suppression de la coupure de 500 euros. Son utilité et son utilisation ne plaident plus en sa faveur.

Il apparaît, de plus en plus aux autorités compétentes, que la plus grosse coupure en circulation dans les 19 pays européens sert à des fins illicites et des trafics, au point que l’on ne peut plus faire semblant de pas le voir. Ils permettent de transporter trop facilement des sommes importantes. De ce fait, elle facilite la circulation d’argent sale issu de la corruption et participe au financement d’activités illégales. Les billets de 500 euros représentent seulement 3 % du nombre de billets en euros en circulation, mais 28 % de leur valeur cumulée selon les statistiques de la BCE. C’est une mesure qui viendrait appuyer par exemple, les actions de lutte contre le financement du terrorisme, elle serait défendue évidemment en premier lieu par la France.  “De mon point de vue, les arguments en faveur du maintien du billet de 500 euros sont de moins en moins convaincants“, a déclaré Benoît Coeuré, un membre du directoire de la BCE.

Cependant, plusieurs experts sont sceptiques sur la portée de cette mesure dans la lutte contre la criminalité. “Les représentants du crime organisé ne sont pas idiots, le blanchiment d’argent se fait depuis longtemps essentiellement par le biais d’entreprises fictives, et de manière dématérialisée“, assurait ainsi Friedrich Schneider, expert en économie souterraine de l’Université de Linz en Autriche.

 Pour certains, ce sont d’autres effets, qui sont recherchés par la BCE.  La suppression du billet de 500 euros en limitant la possibilité de thésauriser de larges sommes sur de petits espaces, pourrait inciter et pousser à la circulation de l’argent en zone euro avec pour conséquence un “boost” à la dynamique des prix très ralentis actuellement et que la Communauté européenne voudrait bien voir, tente de redémarrer. Il reste que l’argument, même si il n’est pas mis volontairement en avant, plaide, lui aussi, plutôt pour le retrait des billets roses.

Crédit photo :  Dominique Lenoir