S’il y a un sujet qui inquiète bien les Français, c’est bien celui des remboursements médicaux. Il sera donc indispensable pour tous les candidats à la présidence, de faire savoir quelles sont leurs intentions pour le futur de la Sécurité sociale. Un tout récent sondage d’Harris interactive, pour la Mutualité française, publié le 20 février, indique que 68 % des personnes interrogées, pensent qu’à l’avenir, les soins seront moins bien remboursés par la Sécurité sociale.

Les Français sont d’autant plus inquiets, qu’ils sentent qu’ils vont y perdre, car ils restent majoritairement satisfaits de leur système de santé, considérant qu’il fonctionne bien à 61 %.
Concrètement, l’étude a proposé huit sujets à aborder dans le cadre de la campagne présidentielle. Les deux plus importants sont, selon les sondés, le financement de la protection sociale pour 48 % et l’accès aux soins pour tous 47 %. Ces deux sujets devancent largement la prise en charge des personnes dépendantes (26 %). Parmi ces derniers sujets, figurent l’utilisation des nouvelles technologies dans le système de santé (10 %) et l’évolution des carrières et des parcours professionnels (12 %).
Concernant, le déficit de la Sécurité sociale qui apparaît comme la raison majeure de sa remise en cause, les Français s’opposent majoritairement (73 %) à la mise en œuvre d’un “plafonnement de la somme totale de remboursements qu’une personne peut recevoir par an” et ils sont 80 % à se dire contre l’augmentation des cotisations sociales des salariés.
Comme on peut s’y attendre, pour 89 % des personnes interrogées, le salut viendrait surtout d’une meilleure organisation du système de santé, comme par exemple, (une meilleure coopération entre professionnels de santé, médecine de ville et hôpitaux…). Un résultat à quasi-égalité (88 %) avec la mise en place de plus de contrôles contre les fraudes et les abus.
Cette étude a été divulguée à l’occasion d’un grand oral qui aura vu cinq des candidats à la présidentielle présenter leurs propositions en matière de santé auprès de la Mutualité Française le 21 février. A cette occasion, Benoît Hamon a évoqué sa volonté “d’augmenter la part de remboursement de la Sécurité sociale” pour différents soins comme l’intégralité du coût des lunettes pour les enfants, des prothèses dentaires ou encore des audioprothèses. Il a insisté sur sa volonté de modifier le financement de l’hôpital et de revenir en partie sur la tarification à l’activité. Il n’exclut pas non plus, de faire face aux prix exorbitants de certains médicaments, de recourir à la licence d’office, afin qu’en dernier recours, il soit possible de “générer une molécule” (produire des génériques) dès lors que les prix du marché ne correspondent pas à la réalité des coûts de production.
Cela fut aussi l’occasion pour François Fillon de “clarifier” ses intentions vis-à-vis de la Sécurité sociale, et il a confirmé l’abandon l’idée d’un « gros risque » santé pris en charge par la sécurité sociale, tandis que le « petit risque » serait couvert par le secteur privé, mutuelles et assureurs.
Emmanuel Macron, propose pour cela de « plafonner à 50 % » la tarification à l’activité des hôpitaux (T2A), de “renforcer l’autonomie des hôpitaux” ou encore “d’élargir” les groupements hospitaliers de territoire pour avoir en amont une meilleure organisation de l’offre de soins. Le but est d’éviter que “tout le monde converge vers l’hôpital, source de désorganisation et de coût”.
Etes-vous rassuré maintenant ?

Crédit photo : Patrick Vandecasteele