Il paraissait évident, que la déclaration de Muriel Pénicaud, concernant l’indemnisation des chômeurs, non seulement n’allait pas rester sans réponse et surtout qu’elle allait provoquer une belle polémique avec les syndicats. Rien de mieux d’ailleurs, si l’on veut mettre un coup de projecteur sur une cible choisie. L’Unédic, estime que seuls 4 % des allocataires sont concernés. De son côté Pôle emploi, a finalement lâché dans une note, qu’un chômeur sur cinq perçoit plus au chômage, il en donne d’ailleurs les raisons.

Il faut à ce stade préciser dans quel camp joue les différents protagonistes, car cette polémique fait suite à l’échec de la négociation sur l’assurance-chômage. Si Pôle emploi, qui est un opérateur public, est monté en première ligne, c’est pour appuyer la position du gouvernement et de Muriel Pénicaud. En face, on retrouve les partenaires sociaux, qui sont les gestionnaires de l’Unédic. Ceux-ci, évidemment, ne voient pas les choses de la même manière.

Du coup, on entre dans une bataille à grands coups de chiffres et de statistiques. Il s’agit, toujours de mettre en place des règles d’indemnisations pour accompagner comme il faut l’explosion de contrats courts, voire très courts.

En fait, tout se joue sur la façon dont a été calculée la moyenne des salaires antérieurs. Cette moyenne détermine le montant de l’allocation lors de l’ouverture des droits. Pour cela, la direction statistique de Pôle emploi a retenu les seuls mois de la période d’affiliation à l’assurance-chômage au cours desquels la personne a travaillé au moins une heure et donc sans inclure les mois sans travail pour ne pas faire baisser la moyenne.

Avec toutes ces précautions, Pôle emploi obtient pour 21 % des allocataires, un taux de replacement net, c’est-à-dire le ratio entre allocation et moyenne des salaires, supérieur à 100 %. Cela concerne donc 600 000 personnes sur la période de 2015-2017. Pour enfoncer le clou, l’opérateur public rajoute, que plus l’activité avant chômage a été morcelée et plus le taux de remplacement est élevé.

Comme on peut s’en douter, ces chiffres ne sont pas du goût de l’Unédic, qui publie les siens. Il en ressort que 4 % seulement des allocataires, ceux qui ont travaillé moins de 25 % de l’année précédant le début de leur indemnisation, reçoivent une allocation supérieure à leur salaire moyen. L’Unédic, les qualifie “d’atypiques, ce sont des jeunes en premier emploi, retours de l’étranger, malades…, plus de six sur dix ont repris un travail dans les trois mois. Patricia Ferrand, la présidente CFDT de l’Unédic, maintient son discours “un chômeur ne peut pas gagner plus que son salaire précédent”.

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