afrique_francophoneTous les organismes financiers, de l’agence de notation Moody’s au Fonds Monétaire International soulignent que l’Afrique est le nouveau moteur de la croissance mondiale… Mais au-delà des statistiques, le continent doit désormais relever le défi des normes pour se développer dans un monde de plus en plus globalisé. Avec le mouvement panafricain, l’espace francophone est aujourd’hui lancé dans une compétition à l’harmonisation et cherche des relais pour défendre ses spécificités. Longtemps en retrait sur ces questions, la France s’emploie, notamment depuis le rapport L’Afrique est notre avenir, de Jean-Marie Bockel, à soutenir ses partenaires historiques. Outre la diaspora très active, incarnée entre autre par Richard Attias et Lionel Zinsou, la Fondation France Afrique souhaitée par le président Hollande vient d’être inaugurée à Bercy…

Au printemps 2014, le Fonds Monétaire International publiait ses Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne. A cette occasion,MmeAntoinette Sayeh, Directrice du Département Afrique considérait que « la croissance vigoureuse que la région subsaharienne a connue ces dernières années semble devoir se poursuivre et passer de 4,9 % l’an passé à 5½ % en 2014, en s’appuyant sur des niveaux élevés d’investissement dans les infrastructures ».

Le dynamisme de la zone déjà souligné par l’agence Moody’s et le président de la banque africaine de développement, M Donald Kaberuka, attire l’attention de toute la planète, des BRICS à Barack Obama. Cependant, l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine souligne « qu’entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%, même si la valeur des exportations françaises y doublait sur la même période »…

Dans la mondialisation sauvage, la France n’est plus la grande conquérante qu’elle avait pu être, non obstant l’Afrique n’est pas à l’abri des prédateurs. En 2012 déjà, une note du Centre d’Etudes Prospectives et d’Informations Internationales (CEPII) montrait que les autorités chinoises s’appuient sur les policy banks – Eximbank et China Development Bank (CDB), pour préempter les ressources naturelles tout en creusant les inégalités…

Devant ce pillage en bonne et dues formes, le Conseil des ministres de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) a tenu à réagir le 5 mai dernier en adoptant des actes uniformes afin de garantir la sécurité juridique de ses activités économiques en Afrique francophone. Toutefois, le risque « d’un shopping pénal » demeure prévient le journaliste Hugues Martin-Sisteron puisque depuis  le Traité fondateur de Port-Louis le législateur national est le principal acteur dans la sanction des infractions.

Parallèlement, les propositions françaises dépassent largement le cadre du rapport des sénateurs Jean-Marie Bockel et Jeanny Lorgeoux pour « contrer l’influence de Pékin et de Washington sur le continent ». Ainsi, le New York Forum Africa orchestré par l’organisateur du prochain sommet de la Francophonie, Richard Attias contribue à « forger une croissance inclusive » créatrice d’emploi.

La Fondation France-Afrique participe de cette même logique, elle est d’ailleurs initiée par le franco-béninois Lionel Zinsou et soutenue par le président François Hollande. Comme l’explique le président de la Fédération des organisations patronales de l’Afrique de l’Ouest, Jean Kacou Diagou « les jeunes Africains sont décolonisés de l’esprit, (…) il faut donc les reconquérir et, pour cela, créer des joint-ventures avec eux et non plus des filiales à 100 % »…