greece-824970_640_photo_MarabuLa zone euro aurait-elle la force nécessaire pour faire face à la contagion s’il arrive que la Grèce soit expulsée? Peut-être pas si l’on juge le bras de fer qu’il y a entre la Grèce et l’Europe.

Le gouvernement grec avait espéré que la peur d’une contagion ferait fléchir les leaders européens alors que les dirigeants de l’Europe espèrent que le maintien de la Grèce dans la zone euro couterait plus cher que son retrait. Chacun campe sur sa position et refuse de céder.

Mais qui a raison dans cette affaire? La zone euro semble aujourd’hui être mieux équipée qu’en 2012 à l’époque des pays comme l’Espagne ou le Portugal avaient eu du mal à s’en sortir, leur système bancaire sont plus robuste et les réformes mises en place depuis trois ont été fructueuses.

L’architecture institutionnelle de la zone euro a été renforcée grâce un fonds de sauvetage qu’elle a mis en place avec le mécanisme européen de stabilité (MES), l’Union bancaire qui n’est pas encore terminée et la possibilité de déclencher un programme d’opérations monétaires sur titres (OMT), une arme monétaire de la BCE récemment attestée compatible avec le droit européen.

“Si la Grèce sort de l’euro, de nouvelles failles se dessineront, et il n’est pas possible de garantir que d’autres pays du Sud pourront s’en prémunir.”

Mais le plus important, la BCE avait pris l’engagement de racheter les obligations souveraines jusqu’en septembre 2016, et ce, avec un programme d’assouplissement quantitatif. Ces rachats empêchent la crise économique grecque d’influencer les rendements des obligations souveraines dans les pays du Sud de l’Europe. Même avec cette situation d’instabilité, le Portugal et l’Espagne arrivent encore à emprunter à des taux très bas.

Mais est-ce que c’est suffisant pour protéger la zone euro d’une possible contagion en cas de Grexit? Personne ne le sait. Pour un bon fonctionnement d’une union monétaire, il faut un engagement crédible sur l’irréversibilité.

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