Cette fois, l’aspect sécuritaire des JO prend une place particulièrement importante. Il faut dire, que la situation internationale et ses craintes d’attentats, ainsi que la situation intérieure du pays en proie à une crise politique et économique, peuvent faire craindre le pire.

Comme souvent, les quelques jours qui précèdent l’organisation d’un événement comme la 31e édition des Jeux olympiques à Rio de Janeiro, sont des moments de grande anxiété et de suspense. On va rapidement savoir si tout est prêt. La pression est forte sur les services de sécurité, qui vont prendre en charge la sécurisation de 10 500 athlètes venus de 204 pays, répartis sur 33 sites différents et devant près d’un demi-million de spectateurs étrangers, présents spécialement pour l’occasion.

Pour cela, il a été réquisitionné environ 85 000 policiers et militaires brésiliens pour protéger, personnalités, athlètes et spectateurs, soit le double des effectifs mobilisés pour les JO de Londres en 2012. Les antécédents de quelque 400 000 personnes travaillant à la préparation et à la couverture médiatique des JO ont été scrutés à la loupe, a assuré le CIO.  De plus, les forces de l’ordre brésiliennes, recevront le renfort de personnel de sécurité de 55 pays différents, ainsi que celui des services de renseignements étrangers, notamment Français et Américain.

Pourtant, l’inquiétude est grande, car les trafics d’armes et de drogues sont fréquents dans les zones frontalières du Brésil. Le ministre de la Défense, reconnaît que les 17 000 km de frontière avec dix pays sont difficiles à surveiller. La délinquance et son lot de meurtres ont subi une hausse de 14 % par rapport à l’an dernier. Depuis, la coupe du monde de football en 2014, qui avait conduit les autorités brésiliennes à pacifier les favelas, les délits reprennent du terrain, les narcotrafiquants veulent récupérer leur territoire.

On a donc, des risques d’attentats dus à une situation internationale tendue, une violence et une délinquance endémique au pays, et pour compléter le tableau, il faut rajouter la situation politique instable que traverse le pays. N’oublions pas que la cérémonie d’ouverture se déroulera sans la présidente Dilma Rousseff, en attente de sa procédure en destitution, mais aussi sans Lula, à qui Rio doit l’attribution des Jeux. C’est le vice-président Michel Temer qui accueillera les 45 chefs d’État. Tout un symbole, pour ce pays en proie à une situation économique catastrophique. Des raisons supplémentaires pour un éventuel coup de force meurtrier.

Le ministre de la Défense, n’a pas caché ses craintes. “Si vous me demandez si nous sommes invulnérables, non, nous ne le sommes pas. Personne n’est invulnérable“, a reconnu Raul Jungmann sur une chaîne de télévision brésilienne.

Crédit photo : Romain MARSON