Une étude australienne publiée par la Mammal Rewiew, fait apparaitre que les espèces photogéniques sont plus étudiées par les scientifiques que les espèces que l’on pourrait considérer comme “moches”. Ce constat n’est pas simplement désolant, il a un impact sur l’avenir de certaines espèces, qui ne suscite pas l’intérêt et disparaissent car insuffisamment protégée.

Ils ont classé 331 mammifères terrestres en trois catégories, “les beaux”, “les méchants”, et “les moches”. Le résultat est terrible, la recherche n’apparaît pas si rationnelle que ça. Alors qu’ils représentaient moins de la moitié des 331 espèces passées en revue dans l’étude, les animaux classés comme “beaux ” sont les sujets dans plus des trois-quarts (76,6 %) des publications scientifiques analysées. Par contre, les animaux considérés comme “moches” font l’objet de seulement 11 % des recherches, alors qu’avec 148 espèces différentes, ils représentaient presque la moitié (45 %) des animaux répertoriés.

Les conclusions montrent aussi que l’objet d’étude varie selon la classification de l’animal. Les animaux “beaux” sont plus souvent étudiés par le biais de leur physiologie ou leur anatomie. Lorsque les scientifiques observent les mammifères dits “méchants”, c’est souvent pour des thèmes liés à leur place dans l’écosystème, leur utilité et comment en contrôler la démographie.

On pourrait simplement constater et éventuellement regretter, mais cette discrimination n’est pas sans conséquence pour ces espèces peu gâtées par la nature. “Leur statut de conservation est souvent établi sur la base de données partielles ou inexistantes. Si on ne comprend pas mieux leur biologie (régime alimentaire, habitat, etc.), on ne peut pas savoir à quelles menaces ces espèces sont exposées”  alerte l’étude. La survie de ces espèces est menacée. Résultat brut par exemple, ces dernières années, on a découvert des restes d’espèces de chauves-souris (qui font partie “des moches“), disparues qui n’avaient jamais été répertoriées.

Comme souvent, il y a aussi une histoire d’argent. Les espèces invasives, qui ont un impact sur l’agriculture, coûtent très cher à l’économie. Leur étude vise surtout à les éradiquer ou à les ignorer. Quant aux espèces plus “charismatiques “, elle reste la vitrine des études scientifiques que l’on met en avant. Voilà pourquoi n’importe qui sait identifier un Panda ou un kangourou alors que l’on a peu de chances d’en croiser, tandis qu’on ignore par exemple l’existence d’autres espèces pourtant habituées à nos régions.

Pour les animaux aussi, il faut savoir faire de l’audimat…et entre nous, heureusement que l’on ne fait pas ce genre d’étude avec les humains…

Crédit photo : Lannick de K