Jeudi 7 mars, des salariés de Goodyear se sont rassemblés devant le siège de Goodyear-France à Rueil-Malmaison. Au fil des heures la situation s’est envenimée, les manifestants ont lancé divers projectiles sur les forces de l’ordre qui ont répliqué par du gaz lacrymogène.

Pour les quelques représentants de droite ayant réagi, la loi d’amnistie sociale votée par le Sénat à la fin du mois de février est la cause de ces échauffourées. Pour Eric Ciotti, secrétaire national de l’UMP chargé des questions de sécurité, cette loi constitue « un message d’impunité totale ».

Autre réaction, celle de Geoffroy Didier qui considère que cette loi « consacre les violences syndicales ». En déplacement en Guyane, le ministre de l’Intérieur a pour sa part condamné des « actes violents » qui seront sanctionnés.

La loi d’amnistie sociale, votée par le Sénat le 27 février dernier vise à «  effacer le caractère d’infraction de certains faits accomplis dans le passé en interdisant toute poursuite pénale ». En d’autres termes, ce texte permet d’annuler une partie des condamnations pour violences commises sur matériels entre 2007 et 2012.

Malgré le vote de la loi par la chambre haute, les députés du Front de Gauche à l’origine de cette proposition ont déploré le fait que de nombreux amendements socialistes aient « vidé la loi de son contenu ».

Alors que Manuel Valls s’est dit « sceptique sur le principe de l’amnistie », Benoît Hamon s’est félicité d’une loi donnant « un message de paix et de dialogue » si bien que  l’amnistie sociale fait débat au sein même du gouvernement.