Il est de plus en plus probable, que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, se fasse sans accord et donc avec pertes et fracas. Dans cette hypothèse, il convient à tous les pays européens de prendre des mesures qui s’imposent. C’est le cas de la France, qui se prépare au pire cas de figure.

Le leitmotiv à la mode, c’est “mieux vaut ne pas avoir d’accord qu’avoir un mauvais accord“, donc branle-bas de combat. Un projet de loi est prêt, et arrivera au Parlement en novembre. Il permettra d’aller vite en donnant au gouvernement la possibilité d’agir par ordonnance. Tout doit être prêt pour une éventuelle mise en œuvre prévue le 30 mars 2019. Le ministère des Affaires européennes, a listé pas moins de 200 mesures, à prendre sur des sujets bien divers.

Côté humain par exemple, nous trouvons les ressortissants britanniques qui séjournent en France plus de trois mois, en cas de Brexit dur, ils devront avoir un visa, dès le 30 mars. C’est aussi 150 000 ressortissants britanniques, qui résident sur le sol français, qui vont devoir être en possession d’un titre de séjour. La moitié d’entre eux travaillent et ils devront donc produire un titre de travail, sinon leur employeur pourrait voir leur responsabilité pénale engagée.

De l’autre côté, il va falloir gérer le retour des Français qui vivent au Royaume-Uni et qui reviendraient en France. Il faudra étudier leur cas pour que leurs droits au chômage tiennent compte de leurs années passées en Angleterre.

Côté marchandises, ce sera un retour aux contrôles dans les ports et au niveau du tunnel sous la Manche. Dans la configuration d’un Brexit dur, tout devra être prêt au lendemain de ce fameux 29 mars 2019, date effective du Brexit. La ville de Calais, risque de vivre des moments difficiles, car plus de contrôles, c’est plus de files d’attente sur les autoroutes à Calais et à Douvres. Une belle pagaille en perspective, surtout les premiers jours, et un véritable cauchemar des transporteurs routiers.

Pour traiter le problème de la sécurité, Gérald Darmanin, a promis l’embauche de 700 douaniers. À Calais, des terrains pour un parking et une zone de stockage de camions, ont déjà été prévus. Cela ne s’arrête pourtant pas là, il faut par exemple, plus d’agents des services vétérinaires et du ministère de l’Agriculture pour les contrôles phytosanitaires et bien d’autre.

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, ne cache pas une large inquiétude, “pour le reste, en matière de contrôles et de formalités, on doit arrêter d’être plus royaliste que le roi. Si on perd cette fluidité à cause des contrôles ou parce que c’est la paralysie, tout se déportera en Belgique et aux Pays-Bas. Moi, je veux éviter ça parce que je veux garder mes emplois, et même en attirer d’autres“.

Ceci dit, c’est la même chose dans les autres pays comme les Pays-Bas et la Belgique, ils vont augmenter leurs effectifs douaniers. Quant à la Commission européenne, elle vient de publier 70 notices détaillées par secteur, à destination du monde économique.

Néanmoins, certains sont ravis de la tournure des choses, ce sont les compagnies trans-Manche, car les duty free, qui rapportent beaucoup, pourraient faire leur grand retour.

Crédit photo :  HERMAN DE KEYPERLING