Une fois n’est pas coutume, une association, non seulement n’est pas en colère contre l’Europe avec ses mesures et ses réglementations, mais au contraire en demande plus. La Ligue pour la protection des animaux, demande à Bruxelles d’intervenir, car elle considère que Paris ne respecte pas la directive européenne sur la conservation de l’avifaune sauvage.

L’association, forte de 50 000 adhérents, veut symboliquement attirer l’attention et d’une certaine manière fêter le quarantième anniversaire de la “directive oiseaux” de 1979, remis au goût du jour par celle de 2009. Il s’agit d’une directive importante pour la conservation des oiseaux sauvages. Elle impose aux Etats membres de l’Union européenne, la création pour les espèces les plus menacées, notamment migratrices, de “zones de protection spéciale”. Celles-ci, ont été complétées par les “zones spéciales de conservation”. Tout cela constitue ce que l’on appelle communément les sites Natura 2000. Ils sont devenus le plus vaste réseau d’aires protégées au monde. Au niveau national, ce réseau couvre désormais 13 % de la surface métropolitaine et plus du tiers du territoire marin situé dans la zone économique exclusive de la France.

Evidemment, tout cela ne fait pas le bonheur de tout le monde, car elle créée une liste d’espèces qui peuvent être chassées, mais de manière très encadrée. Il faut, que ces chasses soient “compatibles avec le maintien de la population de ces espèces à un niveau satisfaisant”. De plus, elle interdit pour les espèces migratrices, de les “tirer” pendant leur période de reproduction et durant leur trajet de retour vers leur lieu de nidification.

A ce stade, la LPO retrouve en face d’elle les chasseurs, qui ont toujours eu une large audience dans tous les gouvernements. Tous les ans, Paris accorde de nombreuses autorisations exceptionnelles, des arrêtés temporaires, qui permettent d’aller au-delà des normes autorisées. Certaines dispositions permettent le maintien de chasses dites “traditionnelles”, comme le piégeage des grives à la glu, une pratique plutôt cruelle, que la France est l’un des derniers pays européens à autoriser.

Au bout du compte, la LPO fait remarquer “pas moins de 66 espèces d’oiseaux sont chassables en France, contre une moyenne européenne de 39. Cela, alors même que 18 d’entre elles sont en mauvais état de conservation, dont deux, la tourterelle des bois et le fuligule milouin, le sont au niveau mondial”.

Cependant, Emmanuelle Wargon, secrétaire d’Etat chargée de ce dossier auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, considère que les règles appliquées en France sont aujourd’hui conformes au droit européen et aux dérogations prévues par la “directive oiseaux”. La LPO, a donc décidé d’agir à l’échelon supérieur. Faute de pouvoir saisir elle-même la Cour de justice de l’Union européenne, elle se tourne vers la Commission, afin que cette dernière instruise une plainte auprès de cette juridiction.

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