Cyclisme anglais_photo de MarcLes JO de Rio s’avèrent un bon cru pour le clan français, qui repart avec 42 médailles à Rio. Nous apparaissons en septième nation mondiale. C’est une autre nation qui apparaît grande gagnante, en effet, la Grande-Bretagne se place à la deuxième marche du tableau des médailles de ces JO 2016. Une étonnante performance, qui la place, derrière les États-Unis, mais tout de même, devant la Chine avec 67 podiums décrochés au Brésil, dont 27 titres olympiques.

Évidemment, cela attire l’attention et provoque des questionnements pour connaître les secrets d’une telle réussite. Le sport “made in England” est passé de la trente septième à la deuxième place dans la hiérarchie planétaire en l’espace de cinq Olympiades.

Premier élément de réponse, la Grande-Bretagne met l’accent sur vingt fédérations sportives, les plus susceptibles de ramener des médailles. En comparaison, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) soutient 90 fédérations. Les Anglais conditionnent le développement général du sport du pays en priorité pour les résultats olympiques, et non pas, pour favoriser la pratique pour tous. Autrement dit, ils favorisent la qualité plutôt que la quantité. Le souci de l’État n’est plus de développer le sport pour tous, mais de permettre à ceux qui le peuvent d’avoir des résultats.

Deuxième élément de réponse, si l’on prend l’exemple significatif, du cyclisme sur piste. Celui-ci avait visiblement été préparé depuis longtemps pour le rendez-vous de Londres, en 2012, avec le succès que l’on connaît (douze médailles). Quatre ans plus tard, les pistards britanniques sont toujours là, et décrochent au Brésil, six médailles d’or, quatre en argent et une de bronze. Cependant, entre les deux Olympiades, c’est le trou. L’an passé, lors des Mondiaux, la Grande-Bretagne ne se classait que dixième au classement des nations avec trois médailles d’argent. Comme par hasard, les résultats sont revenus en mars de cette année olympique. A Londres, devant leur public, les Anglais remportent neuf médailles, dont cinq en or.

Laura Trott (24 ans), double médaillée d’or à Rio confirme, “le cyclisme britannique a toujours été d’abord basé sur un programme olympique, donc pour nous, il ne s’agit pas de briller aux championnats du monde. Ça a toujours été les Jeux en priorité, et c’est ce vers quoi nos financements sont tournés.”

Bien sûr, les médailles font parler d’elles, et les jeux sont un vrai tremplin médiatique pour les fédérations qui en profitent. Soyons clair, il faut avouer, que c’est surtout dans l’autre sens, que cela marche. Les fédérations doivent fournir des médailles et des chances de médailles pour médiatiquement rendre intéressant les investissements mis à leur disposition. Une bonne fédération ne se juge plus seulement en nombre de pratiquants, mais surtout aux résultats et aux médailles qu’elle rapporte.

Pour le sport business, l’important n’est pas de participer, mais d’être rentable.

Crédit photo : Marc