Le deuxième tome des mémoires de Jacques Chirac sortira mardi prochain. En 600 pages, l’ancien président revient sur « Le temps présidentiel » de son parcours politique.

Ce deuxième tome commence par un portrait de chefs d’État dont Giscard et Sarkozy ne font pas partie. Selon Jacques Chirac, De Gaulle, Pompidou, Mitterrand et lui-même ont tous su manifester les qualités qui sont celles d’un président : détermination, maîtrise de soi et capacité à maintenir équilibre et la stabilité dans la conduite de la fonction présidentiel.

Tout au long du livre, Jacques Chirac revient d’ailleurs sur le rôle d’arbitre que doit incarner le président. Au dessus des partis, il représente la continuité de la France et ne doit pas instrumentaliser ses clivages à des fins politiques. Quant au Premier ministre, il doit bénéficier de suffisamment de pouvoir pour éviter la « perte de responsabilité gouvernementale et administrative » qui vire nécessairement à l’immobilisme.

La critique contre Sarkozy n’est souvent pas très loin.  Sur sa conception de la France, ses institutions et ses valeurs, Jacques Chirac fait par exemple un portrait en totale contradiction avec les valeurs de Nicolas Sarkozy. Pourtant, son propos ne sombre pas dans la rancœur, ce qui ne l’empêche pas quelques pics. De Sarkozy, il dit ainsi qu’il est « nerveux, impétueux, ne doutant de rien et surtout par de lui-même ».

Si Jacques Chirac ne fait aucune révélations particulières sur les arcanes du pouvoir, il porte un regard très personnel sur son activisme international, galvanisé selon lui par les modalités de la cohabitation. Jacques Chirac revient ainsi sur ses combats : la régulation de la mondialisation, le dialogue des cultures ou le développement durable. Sur les chefs d’Etat étrangers, il offre une image amicale de ses homologues. De Poutine, il dit ainsi qu’il avait l’air d’un « manager débutant convié pour la première fois dans le club des grands ». De Hu Jintao, il salue son sens de la prudence et de la réserve.

Reste une erreur qu’il reconnaît dans ce livre, celle de ne pas avoir composé en avril 2002 un gouvernement à l’image des 82% qui avaient voté pour lui. Une erreur qu’il replace d’ailleurs dans le contexte d’une unité nationale dont il était pourtant le garant.