IVGLes députés UMP se sont décarcassés à défendre le délai obligatoire de sept jours avant une IVG que la gauche avait réfuté, le considérant comme « culpabilisant ».
Les vingtaines des députés de l’opposition qui se sont entraidés pour la défense du délai de réflexion obligatoire avant un avortement étaient composés de que d’hommes sauf Isabelle le Callennec, une députée UMP.
Les députés de gauche qui se battait pour le rejet du délai de réflexion n’ont pas hésité à ironiser la situation en déclarant « Protection de la vie à naître », «banalisation de l’avortement », «détricotage de la loi Veil»,… les députés UMP ne se sont pas ménagés dans la nuit du mercredi à jeudi pour défendre leurs points de vues sur l’intégration du délai de réflexion de sept jours avant une interruption de grossesse, mais leurs efforts se sont résulté par un échec.
Catherine Coutelle, la présidente socialiste de la délégation de l’Assemblée aux droits des femmes avait demandé la suppression de ce délai pendant l’examen de la loi en commission, fin mars. L’opposition a déposé au minimum cinq amendements pour le rétablissement du délai en séance.
La droite a appuyé la loi Veil qui estimait en 1974 que ce temps imposé est « indispensable pour faire prendre conscience à la femme qu’il ne s’agit pas d’un acte normal ou banal ». Pas question d’y revenir pour la droite. Élie Aboud (UMP) a affirmé qu’« il y a des lois qui sont inscrites dans le marbre » alors que Yannick Moreau, lui accuse le gouvernement d’avoir « complètement détricoté l’équilibre de la loi Veil » qui estime que l’IVG est « une dérogation ou exception ».
Les députés UMP qui étaient présents lors de la séance ont eu du mal à digérer la  suppression par la gauche de la notion de « détresse » d’une femme qui souhaite mettre fin à sa grossesse.
La majorité dont Marisol Touraine estime que la loi proclamée en 1975 peut évoluer. «La loi représentait un équilibre dans un contexte donné, mais n’a pas vocation à être figée pour l’éternité. La relation à l’IVG ne s’est pas banalisée, elle s’est normalisée », déclare la ministre de la Santé après s’être prononcée sur la réduction du délai de 48 heures, et elle déclare ne pas savoir «à quoi il pourrait servir. Qu’est-ce que cela change au-delà de vos arguments rhétoriques, sans doute pour cacher que vous voudriez que des femmes culpabilisent ?», renvoie-t-elle à la droite. Certains partisans estiment que ce délai est nécessaire pour «peser le pour et le contre», «mesurer les conséquences », éventuellement «se retourner».

D’autres ont a comparé la demande de délai comme s’il s’agissant d’un délai de rétractation prévu lors d’un prêt bancaire ou d’un achat. «Mais pour une IVG, vous considérez qu’il n’y a pas nécessité de prendre la réflexion. C’est un acte plus important qu’un achat de véhicule », a rétorqué François de Mazières. «Messieurs les députés, cessez de comparer les femmes à des voitures !», lui a répondu Marisol Touraine.
Les députés PS, EE-LV et PCF considèrent que c’est un délai «infantilisant », qui pourrait «créer encore plus d’angoisses » en n’oubliant pas de rappeler que les associations féministes et le Planning familial étaient aussi favorables à la suppression du délai. «La loi n’est pas faite pour faire la morale ou culpabiliser », argumente l’écologiste Brigitte Allain. «Lorsqu’une femme veut avorter, sa décision a été mûrie», rajoute Catherine Coutelle qui affirme qu’il y existe déjà un délai entre le premier entretien et le jour de l’avortement.
Les amendements pour le rétablissement du délai de sept jours ont été rejetés par 40 voix contre 22. Les amendements de Jacques Bompard ont même prévu un délai de deux semaines et ainsi que l’obligation à la mère d’écouter le cœur de l’enfant », mais ils n’ont pas été examinés. Les débats sur la loi santé se poursuivront jeudi.