C’est un “bonne chance”, un peu inquiet et compatissant, que l’on a tendance à vouloir souhaiter à Giuseppe Conte, le nouveau Premier ministre italien chargé de former le prochain gouvernement du pays. Il doit maintenant entamer des consultations, pour composer son équipe. Cela consiste essentiellement à d’âpres négociations entre le Mouvement 5 étoiles qui se décrit comme antisystème et la Ligue d’extrême droite.

Selon la procédure, la liste est proposée au président Sergio Mattarellales, et l’équipe prêtera ensuite serment avant de se présenter devant le Parlement pour un vote de confiance.

Il reste, que le choix de Giuseppe Conte s’est effectué plutôt par défaut, car si les deux camps ont accepté cet avocat et professeur de droit de 53 ans, novice en politique, c’est pour éviter qu’un poids lourd de l’autre camp prenne la place.

L’inquiétude du président M. Mattarella et de nombreux observateurs, se porte justement sur l’autorité de M. Conte face aux poids lourds politiques que chaque Parti va imposer comme ministres. On parle par exemple, de Matteo Salvini, patron de la Ligue, qui devrait devenir ministre de l’Intérieur, tandis que Luigi Di Maio, chef de file du M5S, prendrait la tête d’un grand ministère du développement économique.

On parle aussi, de Paolo Savona, soutenu par la ligue, à l’économie. Cet ancien ministre de 81 ans, a des positions critiques sur l’évolution de l’UE et sur l’euro. Sa nomination ferait craindre le pire pour les relations avec l’Union européenne.

Cependant, à l’issue d’un entretien de deux heures, mercredi avec M. Mattarella, M. Conte avait toutefois évoqué sa volonté de “dialogue” avec les institutions européennes. Il lui reste à garder ce même état d’esprit avec l’ensemble de son gouvernement et des Partis qui le soutiennent.

De leur côté, les ministres allemand et français des Finances, Olaf Scholz et Bruno Le Maire, ont pris acte et salué la volonté du nouveau chef du gouvernement italien de respecter les règles européennes. M. Scholz, a déclaré “c’est un très bon signal que le futur président du conseil italien se soit exprimé de manière pro-européenne, qu’il ait dit, qu’il veut avec son gouvernement, s’en tenir aux règles européennes“.

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