Depuis le décès du Président vénézuélien le mardi 5 mars, les réactions affluent du monde entier vers l’Amérique Latine. Adulé par certains, critiqué par d’autres, Hugo Chavez ne laissait personne indifférent.

Après deux tentatives de putsch et deux années d’emprisonnement, Hugo Chavez est élu président du Venezuela en 1999 avec 56% des voix. Mû par un idéal socialiste, le Comandante tourne sa politique vers la réduction des inégalités : redistribution de terres aux plus pauvres, accès à l’éducation et à la santé dans les quartiers défavorisés. Cette politique permet une chute du taux de pauvreté qui passe de 49% à 27% en quatorze ans.

Dans une stratégie d’opposition permanente avec les Etats-Unis, Chavez se lie d’amitié avec des pays comme Cuba, l’Iran, la Syrie et la Russie.

Cependant à partir de 2000, le régime chaviste dévoile un visage nettement moins démocratique. Le Président s’octroie des pouvoirs spéciaux et modifie la Constitution, l’autorisant à se présenter à chaque élection présidentielle. Le mandat présidentiel passe également de 5 à 6 ans. Chavez déclare même qu’il est prêt à gouverner « jusqu’en 2030 ».

L’utilisation chaviste des médias soulève également quelques interrogations. Le Président possède sa propre émission hebdomadaire « Alo Presidente » dans laquelle il interpelle directement ses concitoyens, nomme ou destitue un ministre. Cette émission pouvait parfois durer plusieurs heures. Cette hégémonie médiatique concentre une grande partie des critiques à l’égard du Comandante.

Malgré une opposition constante d’une partie de la population vénézuélienne qui l’accuse de corruption et de népotisme, Hugo Chavez est réélu en 2006 et 2012.