Chaque pays a ses crises, pour la France, c’est la réforme du système des retraites. En Angleterre, c’est la famille royale et plus précisément le prince Harry et son épouse Meghan. Dans les 2 cas, nous allons vers une sortie de crise. Un communiqué, la reine précise qu’elle a bien pris en compte les désirs des 2 époux. Cependant, en contrepartie, le prince Harry et Meghan doivent renoncer à leur titre d’altesse royale. Ils ne pourront plus “formellement représenter la reine”. Enfin, et cela semblait important pour les Britanniques, ils renoncent à certains de leurs revenus.

C’est ce qui a été appelé, un Megxit dur. Harry 35 ans, et Meghan 38 ans, ne pouvaient obtenir une solution médiane. Une solution qui leur aurait permis de garder un statut royal, tout en s’éloignant un peu du centre de la famille. Il s’agissait pour eux, de ne plus se frotter à la pression notamment médiatique. Plus précisément, le couple conserve leur titre de duc et duchesse de Sussex, Harry est donc “rétrogradé” au même rang que trente autres ducs britanniques. De plus, il renonce à son allocation royale et il devra rembourser certaines dépenses publiques dont il a bénéficié. Parmi elles, plus de 2,3 millions d’euros employés pour rénover le Frogmore Cottage à Windsor, son lieu de résidence au Royaume-Uni.

Il faut dire, que les relations entre le couple et les terribles tabloïds britanniques n’ont que très rarement été apaisés. On était arrivé à des accusations de racisme concernant certaines allusions douteuses. De fait, Meghan fait partie des sujets récurrents d’attaques très violentes et parfois extrêmement limites, avec des articles au vitriol, et l’affublant du sobriquet de “duchesse capricieuse”.

Les spécialistes du protocole parlent “d’abdication”. Une chose est sûre, jusqu’ici, aucun membre de la famille royale n’a jamais remboursé d’argent, même ceux qui, avant Harry, avaient déjà été privés de leur statut d’altesse royale. De son côté, le roi Edward VII en abdiquant en 1936, lui aussi avait épousé une Américaine, mais il n’avait en fait pas perdu son titre. Il était passé de “Sa majesté le Roi” à “Sa majesté royale le Duc de Windsor”.

Concernant, Harry, on ne peut pas s’empêcher de faire le parallèle avec sa mère Lady Diana. Celle-ci, avait en effet elle aussi perdu ce statut, après avoir divorcé du prince Charles en 1996. Néanmoins, il s’agissait là de “titres honorifiques”, obtenus par le mariage. Il se peut aussi que de vieux démons et de vieilles rancœurs ont eu des effets sur le choix du prince Harry. Le traitement et les rapports de sa mère avec la famille royale, avaient aussi à son époque, fait les choux gras de la presse anglo-saxonne. Harry n’étant qu’au sixième rang dans la succession, il a peut-être jugé, que le jeu n’en valait pas la chandelle. Après tout, si les Anglais veulent faire, à juste titre des économies sur la famille royale, ils devront aussi peut-être faire des économies de ragots, et de commentaires. Ils devront aussi se passer, de titres à sensation dans les journaux, ou du moins se trouver d’autres “figures à descendre”.

Du côté de la famille royale, on ressent nettement un nouveau fonctionnement resserré autour des membres les plus directs. A ce sujet, le prince Charles, avait déjà fait part de sa volonté de limiter “la famille à un noyau de membres haut placés”. Ceux-ci, occuperaient une sorte de CDI à plein temps, lorsqu’il prendra la suite de sa mère. Il faut donc s’attendre, comme dans de nombreuses entreprises, à une réduction des effectifs et des dépenses. A ce titre, on pourrait se dire que le jeune couple a peut-être été victime d’un licenciement abusif, propre à la volonté délibéré de réduire des effectifs.

Quoi qu’il en soit, il semble qu’au-delà des attitudes réelles ou mises en avant pour faire l’affaire des tabloïds, d’un point de vue affectif les choses vont s’apaiser. “Harry, Meghan et Archie resteront des membres très chers de ma famille”, a tenu à souligner la reine. C’est un message d’apaisement plutôt rassurant sur les relations avec son petit-fils.

Crédit photo : Marcel Kochen