Manuel_Valls_-_avril_2009_(cropped)_photo_fondapolLe premier ministre n’a pas prononcé ces mots au hasard. Il est en train de manipuler un bâton de dynamite politique dont il fait semblant de ne pas connaître la portée.
La grosse surprise de ce lundi matin: il paraît que Manuel Valls a un nouveau conseiller. En tout, c’est l’impression de la gauche semble croire suite aux propos fracassants du premier ministre sur la “guerre de civilisation” dimanche matin sur Europe 1, soufflé par un certain George W. Bush.
Ainsi, le premier ministre aurait-il dérapé, lui qui s’était toujours différencié de Nicolas Sarkozy, quand le chef de l’opposition avait employé cette expression suite aux attentats de janvier? Il a répondu: “Nous ne sommes pas dans une guerre contre une religion, contre une civilisation”.
Le discours aurait-il changé? La droite a applaudi et félicité le supposé ralliement du Premier ministre à cette thèse néo-conservatrice qui a été inventé par l’intellectuel Samuel Huntington. Elle avait été reprise par le président George W.Bush, cinq ans après le 11 septembre 2001, qui avait évoqué un “combat pour la civilisation” se référant à la guerre en Irak.
D’un autre point de vue, Manuel Valls n’a pas du tout dérapé, si on met en parallèle sa sortie avec celle “sur l’apartheid territorial, social, ethnique qui s’est imposé à notre pays” au début de l’année. “Dans la mise en scène de sa parole publique, Manuel Valls adore se mettre du côté du courage, de l’autorité et du parler-vrai. Il en a fait une marque de fabrique”, selon les analyses de Libération.
Dans les deux cas, il est entrain de manipuler des bâtons de dynamique politique en reprenant des expressions “connotées, historiquement et idéologiquement”. Est-ce qu’il ignore vraiment la portée de ses termes? Peut-être pas! Comme pour la séquence “apartheid”, il explique, il assume, affine et se contredit parfois.
“Ce n’est pas une guerre entre l’Occident et l’Islam, mais une guerre au nom même des valeurs qui sont les nôtres et que nous partageons au-delà même de l’Europe. (…) Cette bataille se situe aussi au sein de l’islam. Entre d’un côté un islam aux valeurs humanistes, universelles et de l’autre un islamisme obscurantiste et totalitaire qui veut imposer sa vision à la société.”

crédit photo:fondapol