Jusqu’ici, la démarche de la jeune suédoise paraissait rafraîchissante pour certains, un coup marketing mené par ses parents et ceux qui s’agitent derrière, pour d’autres. Cependant, avec le discours moralisateur et surtout agressif de la jeune suédoise devant l’ONU, les positions se sont raidies. Finie de plaisanter, l’affaire sort du contexte classique de la jolie déclaration enfantine, que tout le monde trouve touchante. Ses partisans, la propulsent comme lanceur d’alerte et évidemment les attaques de ses adversaires se font plus virulentes.

Il suffit de voir les réactions de différents éditorialistes sur les chaînes françaises. Le mot d’ordre général est “malaise”. Nous sommes à 2 doigts d’installer une cellule psychologique pour combattre ce terrible fléau, qui touche les ténors des plateaux télés. Il faut dire, que le ton de l’intervention certainement bien préparée à New York, pour le sommet sur le climat contenait un savant dosage de colère et d’émotion.

Il est évident, que les personnes dans l’hémicycle n’étaient certainement pas là pour s’entendre dire un “comment osez-vous ?”, de la part d’une gamine qui a “séché les cours”. Signe des temps, l’heure n’est plus à la main tendue vers une prise de conscience globale, mais plutôt un poing ou un doigt érigé et accusateur et les promesses d’un affrontement.

C’est là où le questionnement se pose, comment promettre des lendemains qui chantent avec des propositions et des visions apocalyptiques. Un vieux débat, opposer de l’intransigeance verte et écolo à l’intransigeance industrielle et polluante du profit. Si la peur est mobilisatrice, elle peut s’avérer mauvaise conseillère pour la suite. La vision d’un visage d’enfant déformé par la colère ne peut pas nous réjouir.

Il reste, que la base de son discours est profondément réelle, plus le temps passe et plus les conséquences seront lourdes. Si les dirigeants continuent à faire la sourde oreille, et si les différents “spécialistes” prennent de trop haut les sermons, venant de l’opinion publique à travers de multiples Greta Thunberg, la chute ne sera que plus douloureuse. Il est regrettable, que les annonces du GIEC doivent passer par la bouche d’une enfant pour que les grandes personnes et les savants qui sont derrière, soient un peu plus écoutés.

Il est bon à l’occasion, de rappeler qu’historiquement, les systèmes qui ont abouti à mettre en opposition les enfants contre leurs parents, n’ont jamais été annonciateurs de liberté, de bonheur et de paix. De nombreuses dictatures sanguinaires, peuvent en témoigner à travers le monde et le temps.

Que dire enfin, d’un monde dans lequel, certains dirigeants se comportent comme des enfants, en twittant à longueur de journée et des enfants se comportant comme des adultes dans une mauvaise colère.

Crédit photo : mika baumeister