À 83 ans, l’écologiste suisse repart en campagne pour sauver une espèce très rare de phoques d’eau douce qui vit dans le lac de Saimaa, un paradis de quelque 4 400 km2 au sud-est de la Finlande. «Il faut sanctuariser la plus grande partie du territoire pour garder cet écosystème lacustre et forestier intact.»

Les bords du lac sont grignotés par ceux que Franz Weber surnomme les «bousilleurs d’écosystèmes», ces Finlandais et ces Russes qui se font bâtir de somptueuses villas sur le site. Des projets de résidences hôtelières sont aussi déjà dans les cartons. Pour contrer cette invasion humaine, le militant a décidé d’acheter, via sa fondation (Die Fondation Franz Weber), l’une des 13.000 îles du lac, afin d’inciter d’autres à l’imiter.

Cet écologiste est en complet désaccord avec les plans d’action et autres programmes écologiques qu’il qualifie de « bien-pensants », du type de la compensation CO2. Son engagement commence en 1965, quand il découvre que le village de Surlej en Engadine (Suisse), a été défiguré par un parking. C’était pourtant là que Nietzsche avait eu l’intuition de «l’éternel retour» et écrit son Zarathoustra.

La réputation de cet empêcheur de tourner en rond dépasse rapidement les frontières suisses. «Mon genre, c’est l’attaque!», aime-t-il rappeler.