Comme pour tous les autres Partis, plus le FN se sent près du pouvoir et plus cela aiguise les appétits internes. Au sein du Parti de Marine Le Pen, Florant Philippot est devenu la cible de nombreuses critiques. Sa stratégie de dédiabolisation et sa politique sociale, chargés de récupérer l’électorat populaire, semblent de plus en plus contestés. Cela se rajoute à d’anciennes critiques comme notamment son orientation sexuelle, pas très bien vu chez de nombreux militants et cadres historiques du FN.

Actuellement, en tête de gondole de la fronde contre le numéro 2 du Parti, on retrouve Gilbert Collard, du moins c’est ce qu’une biographie du vice-président du FN affirme. Le parlementaire apparenté FN, détracteur régulier du vice-président frontiste, serait prêt à se présenter à l’élection du comité central lors du prochain congrès afin de l’écarter. Bien sûr, l’avocat a démenti, car en pleine période électorale, on ne peut pas se permettre une division dans les rangs.
Mais il ne sera pas facile de passer longtemps sous silence, la fronde qui monte. L’influence d’une ligne plus dure et plus classique se met en place avec des identitaires nommés à des postes-clés, comme Philippe Vardon, ancien dirigeant du Bloc identitaire et président du Parti régionaliste Nissa Rebela, ou Philippe Olivier fervent adepte de la « rémigration » le retour des immigrés dans leur pays d’origine. Dans cette même optique, le Parti ne pourra plus longtemps ignorer l’ascension de Marion Maréchal-Le Pen, qui elle aussi prône un retour aux classiques du Parti fondé par son grand-père. Elle se veut plus traditionaliste sur les questions de société, et plus libérale sur les questions économiques.
Ce sont donc, deux options qui s’opposent, et dans d’autres Partis, on dirait deux “motions”. Il s’agit de savoir, sur quelle terre on chasse. Florant Philippot, a pour sa part mené le Front National à la rencontre de l’électorat ouvrier désabusé par les promesses non tenues des Partis de gauche, notamment dans le Nord. Maintenant, il semblerait que Marine Le Pen a entrepris de lisser son projet considéré trop étatiste pour l’électorat de droite pour profiter de l’affaiblissement de François Fillon. Elle semble pouvoir récupérer des personnes comme Patrick Buisson ou Philippe de Villiers qui ne se cache plus pour faire l’éloge de la présidente du FN.
Dans tous les cas, il semble qu’un résultat médiocre aux prochaines présidentielles scellerait la fin de Florian Philippot comme numéro 2 du FN. Il aurait d’ailleurs déjà annoncé se sentir à l’étroit dans ce FN, nouvelle version. “En 2017, le FN, je vais voir comment ça tourne. Je ne vais pas forcément y rester des années”.

Crédit photo : Emeric Folhen