Il paraît qu’il n’y a pas qu’Alain Juppé qui a « un peu revu sa position concernant le front républicain». François Fillon s’y met aussi, et il se démarque bien par la rapidité de ses décisions.

En effet, le député de Paris a pris la parole pendant la réunion du groupe UMP et a fait par des ses « convictions» sur la législative partielle dans le Doubs et le « choix de l’UMP» sur des consignes de vote pour le second tour. « Je combats le FN parce que c’est notre adversaire, parce que c’est l’adversaire de la France.  […] Aucune voix ne doit aller à un parti qui prône un nationalisme dangereux, qui veut faire éclater l’unité européenne et dont le programme économique s’apparente à celui de l’extrême gauche. […] Peut-on pour autant appeler à voter dans le Doubs pour le candidat socialiste ? Non ! »,  déclare-t-il pendant la réunion.

Serions nous dans le « ni ni » ? En effet, même François Fillon qui a « demandé à l’UMP d’être le parti du redressement, le parti de la rupture», il définit ses vœux de « clarté et courage». Cependant, si l’on se souvient très bien, François Fillon était beaucoup plus clair dans sa position concernant le FN. En 2011, il a demandé aux députés UMP de voter pour le PS. À l’époque, encore premier ministre, il avait dit que « tout conduit à voter contre le Front National au second tour des cantonales», il ajoute même « En cas de duels PS-FN, il fait voter contre le FN». En 2012, le premier ministre évoque l’éventualité d’un face à face entre FN et PS. Il a annoncé alors sur le plateau du Grand journal sa théorie sur le « ni ni ». Selon lui, les forces politiques auxquelles appartenait « n’ont jamais frayé avec le Front national», il dit à l’époque « Je n’ai pas envie non plus de voter pour le PS parce que je suis en train de les combattre. ». En 2013, il incite à voter pour le moins sectaire. « Aux municipales, je conseille de voter pour le moins sectaire. […] Cela peut arriver, je ne dis pas que c’est toujours le cas, mais ça peut arriver [qu’un socialiste soit plus sectaire qu’un FN, ndlr], » déclare-t-il concernant les municipaux de 2014. Cette nouvelle prise de position a fait réagir le premier secrétaire du PS, Harlem Désir qui pointe du doigt la décision de Fillon d’ « inacceptable» et « indigne d’un premier ministre ».