Pas vraiment réputé pour être tendre avec les éleveurs français quand il s’agit de négocier le prix de la viande, Jean-Paul Bigard, le patron du groupe agro-alimentaire qui porte son nom, sait pourtant défendre les intérêts français… quand ça l’arrange.

L’assemblée générale du syndicat des abatteurs, le Sniv-SNCP, a été l’occasion pour Jean-Paul Bigard, le président du syndicat, de pointer le danger que représente l’exportation d’animaux vivants pour l’industrie française.  « “Oui” pour exporter la valeur ajoutée des viandes en carcasse, en muscles… “Non” pour voir partir des animaux vivants destinés à l’abattage au nez et à la barbe des industriels français», s’est-il exclamé.

Le président du syndicat a rappelé que la France est importatrice nette de viande bovine depuis cinq ans. « Il n’y a pas de vocation exportatrice possible si nous n’avons pas de bons aplombs c’est-à-dire si nous ne restons pas solidement implantés sur le marché français », d’où la nécessité de ne pas  négliger le marché intérieur. De plus, l’exportation comporte plus d’exigences commerciales que le marché intérieur, et nécessite une adéquation offre-demande.

Jean-Paul Bigard a annoncé que si les exportations en vif continuaient, il ferait un « casus belli » au niveau de l’interprofession. Il a invité à se remettre autour de la table «pour tout reprendre à zéro ».