Dans sa course à la présidence et dans le match qui va l’opposer à Fernando Haddad, Jair Bolsonaro peut compter sur de nombreux footballeurs ou ex-footballeurs stars du pays. Ainsi, Rivaldo, Cafu, Felipe Melo, Lucas Moura et surtout Ronaldinho, se sont largement déclarés en faveur du candidat d’extrême droite. Etant devenu le favori, les soutiens se font de plus en plus présents. La démarche de Juninho Pernambucano, international, et ancienne gloire de l’Olympique lyonnais, n’en est que plus courageuse. Il a ouvertement exprimé son désaccord face aux idées du leader d’extrême droite.

A travers un long entretien au quotidien espagnol El Pais, il explique “beaucoup de Brésiliens ignorent que d’autres ont été torturés et assassinés pendant la dictature”. Juninho Pernambucano insiste, “c’est désespérant de voir des gens soutenir les interventions militaires, O Exército (l’armée) existe pour défendre le pays, protéger les frontières, mais pas pour tuer les Brésiliens dans les favelas. Ils n’ont pas été formés pour cela“. 

Juninho Pernambucano, en veut beaucoup à Ronaldinho, le champion du monde en 2002 et Ballon d’or en 2005. Depuis longtemps, celui-ci soutient  Bolsonaro. Il vient de publier une photo de lui sur les réseaux sociaux de dos avec un maillot de la sélection floqué du n°17. Un clin d’œil adressé aux électeurs, car il s’agissait du numéro à utiliser pour voter électroniquement pour le candidat Bolsonaro.

L’ex merveilleux tireur de coup-franc lyonnais, assure ne pas oublier d’où il vient, et s’il ne défend pas le vol, il cherche à comprendre les voleursIl explique, “le peuple doit arrêter avec cette manière de penser que tout crime est égal. L’assassinat est une chose, le vol en est une autre. Je ne peux pas mettre un jeune de 18 ans qui a volé, dans une prison, car quand le mec sort de prison, il veut se venger de la société. C’est pour cela que je m’énerve quand je vois un ex-joueur de football voter pour l’extrême droiteNous venons d’en bas, nous avons été élevés au sein du peuple. Comment l’oublier ? Comment être de ce côté ? Tu vas soutenir Bolsonaro, mon frère ?”.

Juninho Pernambucano, indique qu’il est normal que des joueurs en exercice restent en retrait. Il est délicat de s’exprimer, car “la carrière est courte. Il sait, que “le football exige tellement d’engagements que vous terminez votre carrière en étant aliéné. Je comprends l’athlète qui joue toujours et qui préfère ne pas se positionner”.

Cependant, il précise rapidement, “mais un ancien athlète qui a une bonne qualité de vie et qui ne s’engage pas dans la situation du pays est inadmissible”. Pour sa part, sans ambiguïté, Juninho Pernambucano, qui ne s’est jamais engagé en politique, lorsqu’il était joueur, ne cache pas sa sympathie pour l’ancien président de la République Lula, actuellement en prison. Maintenant le retraité du football, avoue “je l’admire beaucoup. Personne n’effacera ce qu’il a fait pour le pays. Lula est un homme de 72 ans qui se fait démolir sans pitié. Pourquoi les gens détestent Lula ? Ce qu’ils détestent de lui c’est son apparence, son origine, son accent, son histoire et sa popularité”.

Juninho Pernambucano, reste donc une des rares personnalités du ballon rond à s’opposer publiquement à l’extrême droite au Brésil. “Le football m’a enseigné à voir le monde. Le football m’a sauvé la vie“, lâche l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de l’Olympique lyonnais.

Crédit photo : Rafey.