Les élections en Espagne, ont amené leur lot classique de surprises et quelques situations paradoxales. Parmi elles, le cas de 5 Catalans élus dimanche au Parlement espagnol et qui sont actuellement en prison. Leur élection, rend en effet plus compliquée la suite de leur procès qui a commencé le 12 février devant le Tribunal Suprême. Il est question de leurs actions en faveur de l’indépendance de la Catalogne.

Attention, nous parlons de personnages qui comptent sur l’échiquier politique. Parmi eux, figure l’ancien vice-président de cette région du Nord-est, Oriol Junqueras. D’un côté, il a été requis contre lui, 25 ans de prison. De l’autre côté, Junqueras a été élu député en tant que leader du Parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). C’est le même scénario pour Raul Romeva, ancien responsable régional des Affaires étrangères, qui a été élu Sénateur sous la même étiquette. Avec eux, nous retrouvons trois autres séparatistes détenus, membres de l’autre grand Parti indépendantiste “Ensemble pour la Catalogne”, ont été élus députés.

Alors que la presse se focalise sur la victoire des socialistes et l’arrivée de l’extrême droite, les Partis indépendantistes catalans ont gagné du terrain. Ils ont obtenu 22 des 350 sièges de la Chambre des députés, et pourraient peser sur les tractations en vue de la constitution d’une future majorité. En effet, le socialiste Pedro Sanchez, a gagné les élections sans cependant obtenir de majorité absolue.

Techniquement, les choses peuvent être jouables, bien que pas vraiment pratiques. Pour qu’ils deviennent pleinement députés ou sénateurs, ils devront d’abord prêter serment sur la Constitution espagnole. On peut imaginer, que la justice les autorise à sortir temporairement pour prendre possession de leur siège de parlementaire.

Il serait bien étonnant, que ces députés n’en profitent pas pour en rajouter lorsqu’ils prêteront serment sur un texte qu’au fond, ils rejettent. Il s’agira de mettre en évidence leur situation paradoxale. Cependant, ils disposeront alors d’une immunité parlementaire. “Mais ils sont jugés  par le Tribunal Suprême qui s’occupe de juger les crimes et délits commis par des élus dans le cadre de leurs fonctions”, explique Benoît Pellistrandi.

Comme souvent, la solution politique pourrait prévaloir et on s’acheminerait vers une condamnation, suivie d’une amnistie par exemple. Tout dépendra des accords passés avec les socialistes, qui n’ont néanmoins pas obtenu de majorité absolue et vont avoir besoin de toutes les aides possibles, y compris les séparatistes.

Crédit photo : Claude Schildknecht