camp de réfugiés T1oBeaucoup de médias ne veulent plus utiliser le mot “migrant” et préfèrent employer le terme de “réfugié”. À ce qu’il paraît, cette différence sémantique a des conséquences sociétales et politiques.

“Immigrés”, “migrants économiques”, “réfugiés”, “exilés” ou “migrants” tout courts ? Comment devrait-on qualifier les milliers de personnes qui souhaitent venir en Europe par la Méditerranée ou les frontières terrestres de l’Union européenne?

Le Haut-Commissariat des Nations Unies (HCR) avait indiqué dans un rapport qui date du début juillet qui concerne la crise en Méditerranée: “Nous devons être clairs : la plupart des personnes arrivant par la mer sont des réfugiés, qui ont besoin d’une protection contre la guerre et les persécutions.” Cependant, la différence entre les populations déplacées et les migrants économiques est rarement prise en compte.

La question sémantique a une très grande importance, et le flou qui l’entoure reflète les flux migratoires internationaux plus compliqués dont le traitement est “rarement dénué de toute arrière-pensée politique”.

“Les réfugiés et migrants empruntent souvent les mêmes itinéraires, ils sont fondamentalement différents et c’est la raison pour laquelle ils sont traités de manière très différente en vertu du droit international moderne”, rappelle le HCR.

Il n’y a que la définition établie par la Convention de Genève, signée par 145 États membres de Nations Unies en 1951 qui pourraient définir le statut de “réfugié”. D’après cette convention “relative au statut de réfugiés”, le terme de “réfugié” définit “toute personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut, ou en raison de ladite crainte, ne veut y retourner.”

En approuvant cette convention, les 145 États ont pris l’engagement de protéger ces populations dans la mesure où les réfugiés fournissent la preuve de persécution ou des menaces qu’ils subissent.

En droit français, “l’asile” que les “réfugiés” a une valeur constitutionnelle, “en vertu du préambule de la Constitution de 1946 (alinéa 4) et de la Constitution de 1958 (article 53-1). On parle “d’asile constitutionnel” et le statut juridique de ceux qui l’on eut n’est pas le même que le statut de “réfugié” définit par la Convention de Genève.

Pour le terme “migrant”, il y a plusieurs définitions. L’UNESCO estime qu’un migrant est quelqu’un qui vit de façon temporaire ou permanente dans un pays dans lequel il n’est pas né et qui a acquis d’importants liens sociaux avec ce pays.” Le Conseil canadien pour les réfugiés definits les “migrants” comme “les personnes qui sont présentement en train de se déplacer et celles qui ont un statut temporaire ou qui n’ont aucun au pays dans lequel ils vivent.”

L’HCR indique que cette définition touche “les migrants économiques”: “Les migrants, en particulier les migrants économiques, font le choix du déplacement pour de meilleures perspectives pour eux et pour leurs familles.” Le Haut-Commissariat évoque donc une différence claire entre “migrants économiques” et “réfugiés” qui “sont dans l’obligation de se déplacer s’ils veulent sauver leur vie ou préserver leur liberté.”

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