Sur le principe, la très grande majorité des pays veulent avoir une position ferme face à la Corée du Nord. L’attitude de ses dirigeants, en premier lieu Kim Jong Un, lui confère un statut de nation pas très fréquentable. Ses méthodes et sa manière de gouverner tant au niveau intérieur du pays qu’à l’extérieur font souvent Frémir. Cependant, les méandres de la diplomatie et le souci de défense de nombreux intérêts plus ou moins secrets battent en brèche les bonnes intentions. Après, la reprise du dialogue de Trump avec son homologue Nord Coréen, voilà que Vladimir Poutine et la Russie s’apprêtent aussi à rencontrer Kim Jong Un.

Cette rencontre entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine, sera la première du genre. En effet, le dirigeant nord-coréen aurait dû se rendre à Moscou en mai 2015 pour les 70 ans de la victoire des Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale, mais il y avait renoncé quelques jours avant. Cependant, l’idée a persisté et ces dernières années, des responsables russes se sont rendus à plusieurs reprises en Corée du Nord, et des responsables nord-coréens en Russie. Les deux pays entretiennent des relations amicales. A ce sujet, Moscou est sur la même longueur qu’un autre grand acteur de la région, la Chine. Pékin et Moscou prônent un dialogue avec Pyongyang.

Les préoccupations sont sensiblement les mêmes que celles qui préoccupent les Etats-Unis et en premier lieu, on retrouve les essais nucléaires et plus globalement, l’armement Nord-Coréen perçu comme un danger dans tout le secteur. En 2011, le père de Kim Jong Un, Kim Jong Il, s’était rendu en Sibérie pour rencontrer Dmitri Medvedev, l’actuel Premier ministre russe, qui était alors président. Mort peu après cette visite, Kim Jong Il, s’était alors dit prêt à renoncer aux essais nucléaires.

Evidemment, Moscou met les bouchées doubles pour se retrouver en position de force sur ce dossier et asseoir ainsi un peu plus sa notoriété internationale. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions entre Pyongyang et Washington, après un sommet raté en février. La Corée du Nord, exige le retrait du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo des discussions sur ses arsenaux nucléaires. Mike Pompeo, est accusé de manquer de prudence et de maturité. Pyongyang demande la désignation d’un nouvel interlocuteur américain et fait monter les enchères en pleine impasse diplomatique.

Ce n’est pas un scénario inédit, car Pyongyang l’avait déjà accusé, ainsi que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche John Bolton, d’être responsable de l’échec d’Hanoï. Visiblement, Pyongyang a toujours préféré traiter directement avec M. Trump. Celui-ci présente M. Kim comme son “ami” et n’évoque quasiment plus jamais les violations massives des droits humains imputées au régime nord-coréen.

Selon la presse russe, sud-coréenne et japonaise, la rencontre pourrait avoir lieu à Vladivostok, dans l’Extrême orient russe.

Crédit photo : Arnaud-Mepoint