Les académies européennes de science et de médecine ne sont plus a priori complètement opposée a la médecine traditionnelle chinoise, cependant elles considèrent qu’elle doit être encadrée. Les autorités médicales demandent aussi q’elle soit soumise aux mêmes critères d’exigence que la médecine conventionnelle.

Nous quittons le stade de l’affrontement médecine contre médecine, pratique contre pratique pour aborder celui de la pertinence et des résultats recherchés. Pour cela il faut des comparaisons sur des critères clairs. Cette prise de position correspond a la la création d’un chapitre sur la médecine chinoise dans la dernière Classification internationale des maladies. Ce document fait office de référence car il est suivi et actualisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cela semble donner une légitimité et une place plus importante a la médecine chinoise, si souvent critiquée pour son manque de fondement scientifiques.

Cependant, cette médecine a de plus en plus la cote auprès d’un public toujours a l’affût de nouveautés, mais aussi soucieux d’éviter une sur-médicalisation soutenues un peu artificiellement par l’industrie pharmaceutique. Les projecteurs se sont aussi tournés vers cette médecine avec le prix Nobel de médecine de 2015 décernée a la pharmacologue chinoise Tu Youyou. Elle a extrait d’une plante citée par la médecine traditionnelle la principale molécule utilisée aujourd’hui contre le paludisme, l’artémisinine. La nouvelle classification de la médecine traditionnelle chinoise, appelée CIP-11, a été publiée en 2018 puis officiellement adoptée en mai dernier. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2022.

Entre 2 attitudes extrêmes, il faut savoir naviguer et le le professeur suédois Dan Larhammar, président du groupe d’expert des académies européennes explique “le fait que l’OMS ait inclus un chapitre sur la médecine traditionnelle chinoise ne veut pas dire qu’on peut automatiquement l’utiliser sans preuve solide de sa sûreté”. C’est aussi pour cela que dans un communiqué les deux instances, l’EASAC et la FEAM, qui regroupent les académies des sciences et de médecine des pays européens mettent en garde contre un usage non réglementé de la médecine traditionnelle chinoise”. Le Pr Jos van der Meer, ancien président de l’EASAC confirme “certains patients peuvent courir le risque que leur maladie grave soit traitée inefficacement et que le recours à la médecine conventionnelle soit retardé“.

Le salut vient certainement de la collaboration intelligente, ainsi la Classification internationale des maladies de l’OMS fournit un langage commun grâce auquel les professionnels de la santé peuvent échanger des informations sanitaires partout dans le monde. selon le Pr Larhammar “d’autres effets bénéfiques restent peut-être à découvrir, mais cela ne veut en aucun cas dire que toute affirmation peut être acceptée sans regard critique“.

Une collaboration générale des médecines du monde entier pourrait dévoiler la mondialisation sous  son meilleur profil.

Crédit photo : Patrick Vandecasteele