Nous connaissons tous les différentes “étiquettes énergies”, avec les différentes lettres et leurs dégradés de couleurs, allant du vert au rouge, et en passant par le jaune. Elles sont censées nous alerter et nous aider à choisir nos produits électroménagers. Une enquête du Bureau européen de l’environnement semble pourtant douter de leur pertinence.

Tout d’abord, petite présentation, le bureau européen de l’environnement (BEE), est une ONG qui rassemble 140 associations dans 28 États, dont la France. Il remet en cause l’homologation énergétique des produits, qui est en fait réalisée par les fabricants eux-mêmes, hors du contrôle des autorités.

L’ONG, veut mettre en lumière dans son enquête, que selon des vérifications de la Commission européenne, 18 % des produits vendus sur le marché européen, ont une consommation supérieure à celle affichée sur les étiquettes. On peut dans de très nombreux cas s’apercevoir, que les produits ne sont pas aussi économiques en énergie que ne laisse entrevoir l’étiquette.

En ligne de mire de cette enquête, les fameux tests qui servent à déterminer la couleur de l’étiquette. Le BEE affirme, que les fabricants optimisent leurs appareils avant de les passer au banc d’essai. De plus, les tests sont largement biaisés. Pour les réfrigérateurs, par exemple, les laboratoires n’utilisent pas de vrais aliments, mais de la matière synthétique, et ils ne comptabilisent pas les nombreuses ouvertures de portes. Pour les autres produits, l’ONG demande à les tester autrement que par le mode “ECO”, qui est systématiquement le seul pris en compte pour l’homologation.
Comme d’habitude, les fabricants se disent particulièrement prêts à coopérer, mais à condition, que les normes soient assouplies. Ils insistent tout de même pour admettre que l’étiquetage énergétique, est un outil marketing essentiel permettant de se différencier de la concurrence, indique le Gifam, le syndicat français du secteur.
On s’oriente donc d’après la Commission européenne à un changement du système d’étiquettes. Il n’y aura bientôt plus de A+++ ou de A++, mais un classement de A à G, plus lisible, et on pourrait voir arriver de nouvelles normes de fabrication. Néanmoins, cette réforme n’est pas attendue avant 2020, et du côté des contrôles, aucune garantie n’a été apportée pour s’assurer de la fiabilité des homologations.
En attendant, et comme d’habitude, on va encore s’en remettre à la couleur de l’article, au bagout du vendeur, et au prix d’achat.
Crédit photo : Pain Chaud