Une sacrée agitation ce dimanche, dans les ruelles du petit bourg médiéval de Barjac dans le Gard. Celui-ci est devenu le bastion de la résistance au gaz de schiste. Plusieurs milliers d’opposants au gaz de schiste, ont réclamé une “loi claire” interdisant toute exploration, et exploitation des hydrocarbures non-conventionnels.

On a retrouvé au centre de ce rassemblement des organisations comme Attac, Greenpeace ou la Confédération paysanne avec comme slogan “non au gaz de schiste, ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui, ni demain“. Cette manifestation, fait directement suite à la réattribution à Total du permis de recherches de Montélimar (Drôme) par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), le 28 janvier. Il faut préciser que depuis 2011, la loi Jacob a interdit la technique d’extraction par fracturation hydraulique, mais pas la recherche et c’est ce qui inquiète les opposants à l’extraction du gaz de schiste. “Les pétroliers et autres multinationales misent sur le long terme, espérant que le pouvoir politique changera et leur permettra d’exploiter des hydrocarbures au mépris des conséquences”, a assuré Jacqueline Balvet, porte-parole du collectif d’Anduze.

De son côté, la ministre Ségolène Royal a fait appel de la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, et a assuré ce dimanche “quil n’y aura plus de permis pour rechercher les gaz de schiste et le nouveau code minier, qui est en cours de réforme, intègrera cette interdiction”.
Les collectifs demandent tout simplement que les 133 demandes de permis en cours d’instructions en France soient rejetées, et que les permis accordés soient abrogés, afin que l’affaire soit définitivement close.

Nous demandons au gouvernement d’avoir le courage politique d’interdire clairement et totalement le gaz de schiste“, a résumé M. Reynard, et cela ne sera pas vraiment simple. Au-delà des bonnes intentions et des considérations écologistes, dans un contexte de crise, la tentation à tous les niveaux, que ce soit local ou national, est grande de profiter d’une manne qui amènerait des retombées économiques, sociales importantes. Il est difficile pour beaucoup de se passer de bénéfices concrets, en terme d’activité, de développement économique, et  d’emploi pour éviter d’éventuelles conséquences écologistes plus abstraites.

Il sera encore difficile de privilégier la sobriété, la lucidité et le long terme face à la facilité, l’aveuglement et le court terme.

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