Depuis de nombreuses années, quand on évoque la “biodiversité”, on retrouve un épineux dossier, c’est celui du loup. Cet animal, cristallise les passions entre ses défenseurs, attachés à la protection de la faune sauvage, et ses détracteurs que l’on retrouve surtout chez les éleveurs d’ovins. Cet affrontement se retrouve dans la sphère du gouvernement, où Nicolas Hulot le ministère de la Transition écologique et Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture vont devoir se mettre d’accord pour établir un “plan quinquennal loup” qui devrait régir le sort à réserver à l’animal.

Inutile de vous dire, que chaque camp rivalise d’actions, de rapports, d’études, pour faire pencher la balance. Rappelons tout de même, que le loup, avait pratiquement disparu de l’Hexagone dans les années 1930, et qu’il a ressurgi dans le Mercantour au début des années 1990. Officiellement, on estime qu’il y a aujourd’hui autour de 360 loups en liberté en France, répartis en 52 meutes strictement protégées autour des massifs montagneux, comme les Alpes, les Ardennes, le Massif central et les Pyrénées.

Une estimation précise, que l’animal a tué plus de 11 000 animaux domestiques en 2017, en grande majorité des ovins. A titre de comparaison, le cheptel ovin était estimé en 2016 à environ 7 millions de bêtes, et 3,2 millions d’euros ont été versés au titre d’indemnisations en 2016.

A partir de là, les défenseurs du loup et ses opposants, s’opposent fermement et semblent irréconciliables. Même son de cloche au gouvernement, Nicolas Hulot a notamment déclaré vouloir “assurer la viabilité, pour l’instant incertaine, de l’espèce sur notre territoire”. Il précise, « on ne peut exiger des pays africains qu’ils protègent leurs lions si nous-mêmes en France, on n’est pas capable de cohabiter avec le loup et l’ours, c’est un défi de civilisation que propose de relever ce plan ». De son côté, Stéphane Travert a tout simplement indiqué, “je suis pour le zéro loup”. Avant de se reprendre et de dire, “non, zéro attaque, ce qui ne signifie pas zéro loup, car il faut respecter la biodiversité. Il faut donc travailler ensemble pour trouver des solutions”.

Voilà, le contexte de rédaction d’un plan qui devrait faire arriver le nombre de loups à 500 bêtes pour faire sortir le loup de la classification de la convention de Berne sur les espèces protégées. Une mise à jour du quota de tirs répartis sur l’année, et une mise à plat des conditions d’indemnisations, qui seront tributaires des mesures prises pour protéger les troupeaux. Le plan évoque au passage, l’importance d’améliorer l’attractivité du métier de berger.

Inutile de dire, que ces mesures ne font pas que la joie des syndicats agricoles, qui ont boycotté un rendez-vous, le 12 décembre dernier. “Le nombre de prélèvements maximum est largement insuffisant”, aux yeux de la Confédération Paysanne. A noter, comme souvent, on emploie des mots pour d’autres, “prélèvement” est une manière édulcorée de dire « tuer », de l’autre côté ce ne sont jamais les moutons qui sont attaqués, mais le troupeau, c’est plus “soft”.

En attendant, on peut espérer pour tous ces animaux, que le plus terrible prédateur des deux espèces, c’est-à-dire l’homme se mette d’accord avec lui-même pour les protéger.

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